Lisboa des vagues à l’âme
Photo de David Broglin
Printemps. On m’a dit « si tu veux sentir Lisbonne vivre, vas-y aux premiers rayons de soleil ». On m’a dit aussi « équipe-toi de bonnes chaussures».
Dans la Baixa, vêtue d’une courte robe bleu ciel, chaussée de nu-pieds à hauts talons, je monte dans un tram de la ligne 28 en direction de l’Alfama. C’est le vieux quartier où les Maures ont laissé leurs empreintes. Le plus authentique. J’observe les quelques voyageurs qui se tiennent dans l’habitacle surchauffé. Leur journée de travail terminée, ils rentrent chez eux. Et moi ? Moi, j’ai tout mon temps…
Je descends et aspire l’air à pleines goulées. Je veux m’imprégner des odeurs. Je flâne aux hasards de ces petites ruelles. Du linge pend au travers des rues, décorant de guirlandes de chiffons colorés les murs des maisons. Des petits vieux sont assis sur des chaises devant leurs pas de portes. Ils me regardent et me sourient. Des fenêtres fleuries jaillissent des cris d’enfants ou des chants d’oiseaux. Tout cela fleure bon la sardine grillée et le bonheur de vivre.
Bien vite, mes talons m’empêchent de gravir les innombrables marches. Qu’importe ! Je m’accroupis, détache la bride de mes sandales. Je me relève et les porte à la main. Je continue ma visite. Admirant l’architecture. Je tourne, je contourne… De culs-de-sac en impasses, je finis par me perdre.
Je ne parle pas portugais. Je me retrouve égarée dans la capitale du fado sans pouvoir m’adresser à qui que ce soit ! Quelle imbécile ! La foule commence à être plus compacte. Normal, nous sommes le 13 juin et ils vont bientôt promener St Antoine.
« Viens ! »
Il me prend la main, le sourire aux lèvres. Grand et mince. Ses yeux dégagent une animalité telle que je suis hypnotisée.
«Viens ! »
Il m’attire fermement. Son parfum fruité et épicé remplit mes narines. Sûr de lui dans son pantacourt et son tee-shirt noir, il m’entraîne derrière lui. A nouveau, les pavés défilent sous nos pas. Le labyrinthe n’a pas de secret pour lui. Dans un pays étranger, je suis un parfait inconnu. La situation m’électrise. Je sens monter en moi une irrépressible envie de lui faire l’amour. Il se retourne et me dit « je sais ».
En haut d’un escalier, sur les dernières marches, il me plaque au mur. Ses deux mains s’emparent de mes deux poignets et les lèvent au-dessus de ma tête. Puis, il les maintient d’une seule main. Sa bouche épouse mes lèvres et sa langue s’engouffre dans la mienne. Baiser de dominant. Sa main libre remonte sur ma cuisse, retroussant ma robe. Ses doigts jouent avec la douceur de ma peau nue.
L’intérieur de mes cuisses, le rebondi de mes fesses. Puis ils reviennent et goûtent la chaude moiteur de mon sexe. Sa langue emprisonne toujours la mienne. J’étouffe délicieusement dans un baiser mouillé et profond. Ses doigts caressent doucement mes petites lèvres, mon clitoris gonflé. Il mord ma lèvre à l’instant où deux de ses doigts investissent mon vagin gorgé de cyprine. Il se recule et me regarde. Lèche la perle de sang. Ses va-et-vient m’affolent. Ses lèvres sont tout contre les miennes. Il boit mes paroles « je veux te sucer. Maintenant ». Il sort ses doigts de leur prison de chair et les apporte à nos lèvres. Nos langues s’entrecroisent sur ses phalanges. Alors, il lâche enfin mes poignets. Pose ses mains à plat sur le mur, de part et d’autres de mes épaules. Mes mains s’immiscent sous son tee-shirt et glissent sur sa peau. Il frissonne légèrement à leur contact. Ma paume appuie sur la grosseur de son sexe. Il ne bouge pas. Je le regarde tout en passant et repassant sur lui. Sans le quitter des yeux et en jouant avec ses lèvres, j’ouvre sa braguette et libère cette barre de chair. Je décalotte le gland délicatement et commence à le branler. Un dernier baiser sur ses lèvres et je descends. Accroupie devant lui, mes lèvres humides embrasse cette peau si douce. Un léger filet sort du méat, je le lèche. Je l’agace encore un peu, jouant avec ses nerfs. Coups de langue légers ou plus appuyés, doigts serrant et glissant sur la hampe. Enfin, je l’avale. Il ne dit pas un mot mais je sens qu’il apprécie. J’aspire. Je suce. J’agite ma langue autour de cette glace chaude. Montant et descendant, l’enfonçant loin dans ma gorge. Ma main caresse ses testicules durcis et avance entre ses cuisses. Mon majeur frôle son anus. L’apprivoise. L’excite. Avalant son sexe jusqu’à la garde, j’enfonce mon doigt en lui. Je bouge en rythme : ma bouche remonte, je sors mon doigt. Ma bouche le mange, je le pénètre. Le jeu dure depuis quelques minutes quand je sens sa main dans mes cheveux. Une caresse. Puis, il les empoigne et m’oblige à remonter. Ses yeux dans les miens irradient.
« Viens »
Il réajuste ses vêtements et saisit à nouveau ma main. De son autre main, il porte mes chaussures. La balade continue. A travers les dédales de pierres et au milieu de la foule qui devient de plus en plus compacte, nous nous dirigeons vers le castello San Jorge. Et là, je suis ébahie par tant de beauté. Sous mes yeux se trouvent les toits de Lisbonne. Au loin, la mer de Paille fait l’amour avec le soleil couchant.
Je m’appuie contre la rambarde. J’y pose mes mains. Je le sens qui approche contre moi. Son corps embrasse le mien. Son érection est toujours aussi dure. A nouveau, le feu. Son souffle contre mon oreille… Sa langue qui vient lécher mon lobe… Je frissonne. Je m’adosse un peu plus contre lui… Ses mains parcourent mon corps… Palpent mes seins… Pincent les tétons… Redescendent vers mon pubis… Le frôlent… Se font plus insistantes… Je brûle. J’ai envie qu’il me prenne. Là. Maintenant. Alors, je me penche pour remettre mes talons. Il en profite pour retrousser ma robe. Je me relève et tourne la tête vers lui. Sa bouche gobe la mienne. « Oui »
Discrètement, il ouvre son pantacourt et sort son sexe. Il le pousse entre mes cuisses et effectue des caresses d’avant en arrière. Le faire coulisser dans cet endroit brûlant et humide, lui plaît beaucoup. Mais j’en veux plus. Il me rend folle. Folle de désir. Je me cambre pour aller à sa rencontre. Il entre en moi pour quelques coups de reins. Rapides… Violents… Je savoure. Il ressort. Je grogne. Ses dents entrent cruellement dans la chair de mon épaule en même temps qu’il me sodomise, entrant en moi en une seule fois. Je mords mes lèvres pour ne pas attirer plus l’attention des passants. Je gémis sourdement. Ma main part entre mes cuisses… Je mouille mes doigts à ce jus qui abonde. Les remonte vers sa bouche. Il suce… Il mordille… Je redescends ma main… Avec lenteur, il bouge en moi… J’adopte son tempo… Titillant mon clitoris… Pénétrant mon vagin… La mince paroi me permet de sentir son sexe qui me pilonne… Je sens ses couilles qui tapent contre mes fesses… Sans hâte, il entre et sort… Et je hais sa lenteur… Et j’aime sa lenteur… Mes yeux se voilent de la brume de l’amour. « Maintenant ! » Sa bouche est contre mon oreille. J’entends sa respiration haletante.
Au milieu de la foule qui acclame le saint de l’église San Antonio da Sé, il nous conduit vers la jouissance. L’extase… Nous joignons nos cris aux autres. Cette impression de dominer le monde… De toucher l’impalpable.
Je ne connaîtrai jamais son prénom comme il ne saura jamais rien de moi… Lisboa, je t’aime.





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