Le photographe

Photo de David Broglin

Il s’est toujours senti à l’abri derrière son appareil photo. Voir sans être vu. Capter le détail qui fera que l’image sublimera le modèle. L’ombre et la lumière. Le blanc et le noir. La couleur d’une feuille d’automne, l’odeur d’un champignon. Il a ce don.

Pourtant, David hésite aujourd’hui. Pour la première fois, il a accepté de prendre en photo une inconnue. Il l’attend dans son studio. Le parfum de la jeune femme a pénétré ses narines avant qu’il ne l’aperçoive. Une odeur doucement sucrée sans être écoeurante. Elle est entrée et il en a été soufflé. Cheveux courts, effilés. Silhouette mince laissant deviner des rondeurs féminines appétissantes. Deux yeux verts qui le fixent, rieurs.

« Bonjour, je suis Lisa. Je suppose que vous êtes le photographe ? Je ne vous cacherai pas que j’ai horreur d’être prise. En photo. C’est une idée de mon mari. J’aimerais que cela soit rapide. C’est possible ? »

Il aima le timbre de sa voix, le rythme de ses phrases, son humour à peine voilé.

« Tout est possible, non ? Cela vous gêne si nous ressortons ? Je veux vous prendre dehors. En photo. Vous acceptez ? »

Sans lui laisser le temps de répondre, David commença à empaqueter ses divers appareils. Cela lui donnait une contenance. Il l’observait à la dérobée. Lisa semblait absorbée par ses photos.

« J’aime beaucoup… On y va ? »

Ils montèrent tous deux dans sa voiture. Il baissa les vitres électriques. L’air était étouffant. Sortant de la ville, il prit un chemin forestier. Lisa regardait le paysage. Il ne voyait que son profil et les gouttelettes de sueur qui perlaient à ses tempes. Sa main reposait paume ouverte à côté de sa cuisse. Il frôlait son bras lorsqu’il passait les vitesses.

David finit par garer son véhicule dans un petit chemin. Lisa ouvrit la portière, se déchaussa et marcha dans l’herbe tendre. Il se dégagea du siège et ouvrit la portière arrière. Il attrapa son sac sur le siège arrière. Sortit un appareil. Lisa avançait de sa démarche féline entre les arbres, avec ses sandales à la main. Les rayons brûlants du soleil traversaient le feuillage environnant. La lumière était extraordinaire. Il mitrailla sa silhouette. Au léger cliquètement de l’appareil, elle se retourna et lui sourit. Elle porta son index à sa bouche et le mordilla.

« Je m’assois ?

- Comme vous voulez… »

Elle jeta ses chaussures d’un geste ample et se tourna vers un arbre. Ses mains caressaient l’écorce langoureusement. Elle approcha ses lèvres de l’arbre.

« J’adore poser mes lèvres. Goûter… »

Un léger trouble l’envahissait. Il ne cessait pas de photographier tous ces gestes. La jeune femme appuya son ventre contre l’arbre puis fit volte-face. Grâce à l’objectif, il la voyait comme si elle était tout contre lui. Ses yeux vert pailletés de brun semblaient lui dire « Approche, approche. » Elle se mouilla les lèvres.

« J’ai chaud et soif. Pas vous ? J’entends de l’eau couler pas loin. Vous venez ? »

Il la suivit. En effet, il le savait, un petit ruisseau coulait à quelques mètres d’eux.

Lisa se mit à genoux au bord de l’eau. Elle trempa sa main dans l’eau et s’aspergea la nuque. Puis, elle attrapa les bords de sa robe légère et les souleva. Elle se retrouva nue, impudique et si désirable.

Il en eut le souffle coupé. Il rechargea son appareil, le réarma et shoota encore quelques clichés. Il n’osait avancer.

« Venez, je vous offre à boire. »

Elle lui tendait ses mains jointes en une coupe remplie d’eau. Il osa. Encore quelques pas et il but en lui tenant le bout des doigts. Ses mains étaient fines et fraîches. Elle plongea à nouveau ses doigts dans le ruisseau et les glissa mouillés dans l’échancrure de sa chemise. Le froid le fit frissonner. Doucement, elle remonta sa main et lui caressa la joue. Puis, elle descendit le long de son maxillaire et passa la pulpe de ses doigts sur ses lèvres. Il fit mine de les lui mordre. Elle rit.

Leurs yeux étaient plongés dans ceux de l’autre. Elle découvrait son regard brun vert bordé de longs cils. Lentement, leurs bouches se cherchèrent. Leur premier baiser fut léger. « J’adore goûter » avait-elle dit. David approcha sa main et lui saisit la nuque. Ses lèvres se firent plus fermes, sa langue pénétrante. Avec un sourire, elle se redressa et lui retira son appareil photo qu’il avait encore en bandoulière. Ses mains commencèrent à déboutonner sa chemise. Il se laissait faire. Elle repoussa la chemise sur ses épaules et vint contre lui. La pointe de ses seins durcie appuya contre son torse nu.

Alors il l’embrassa à nouveau mais violemment cette fois. Elle mit ses mains sur son jean et appuya sur ses fesses. Son ventre entra en contact avec la bosse qui se devinait sous son pantalon.

Qui gémit en premier ? De genoux dressés, David la fit basculer dans l’herbe. Il resta en appui quelques minutes, photographiant de son regard la moindre parcelle de sa peau dorée. Il s’allongea sur elle. Couvrit son visage de baisers. Il emprisonnait son visage de ses mains. Elle lui tenait les mains. Leurs langues se mélangèrent à nouveau. Elle glissa ses mains sous lui et défit les boutons de sa braguette.

Lisa passa sa main entre le jean et ses fesses musclées. Ses ongles entrèrent dans la peau. Il appuya son ventre contre le sien.

« Enlève, enlève. » Il ne se fit pas prier deux fois. Si l’air était quelque peu plus frais au bord du ruisseau, leur chaleur intérieure était intense. Ses mains d’hommes palpèrent sa peau de femme. Moiteur. Douceur. Monts et vallées. Courbes et angles. Lumière et ombre. Ses lèvres remplacèrent ses mains. David la goûta, la lécha, la mordit. Elle se tourna sur le ventre et lui offrit son dos. Dieu, cette cambrure. D’une main, il redessina sa colonne et ses doigts se perdirent entre sa raie. Lisa fit entendre comme un feulement. Il se baissa alors et glissa sa langue sur ses fesses charnues. Une morsure. Deux. Plusieurs. Des doigts qui la pénétraient. Elle se tourna alors vers lui. Pris dans sa bouche ses doigts humides, les enfourna d’une mine gourmande.

« J’aime goûter… A mon tour. »

Il s’allongea et s’offrit aux baisers de sa jolie bouche. Le feu et la glace. Il ne se rappelait pas avoir connu ça. Coquine, elle avala de l’eau qu’elle vint faire dégouliner de son torse à son ventre. Il frissonna. Son corps vint épouser le sien. Elle glissa sur lui jusqu’à descendre sa bouche sur son gland. Ses mains étaient sur sa bouche. Elle suça son gland. Il suça ses doigts. Plus tard, elle retira ses mains pour se retourner face à son sexe dressé. Lui ne voyait plus que son joli cul tendu vers lui. Leurs bouches et leurs sexes firent l’amour. A un moment donné, il la repoussa. Elle comprit le signal et vint s’empaler sur lui. Leurs mains se joignèrent. Leurs bouches se mangèrent. Un volcan les dévorait. Il se souleva, pinçant la pointe de ses seins lourds. David renversa Lisa. Il la fit se mettre à genoux, dos à lui. Elle frémit de sentir son souffle à son oreille. Il lui susurra sa demande et elle trembla de plaisir contenu.

« Viens… »

Sa voix était devenue rauque. Il saliva dans sa paume. Enfonça sans problème un doigt puis deux dans son anus. Alors son gland vint réclamer son dû. Il entra en elle doucement jusqu’à la garde, lui maintenant les poignets pour ne pas qu’elle se dérobe. Lisa accentua sa cambrure. Il lui lâcha les mains pour lui agripper les hanches. Elle en profita pour se masturber. Il jouit quelques secondes avant elle.

Les photos de son visage qu’il fit plus tard étaient indécentes tellement le plaisir transparaissait. Yeux brillants. Joues roses. Perles de sueurs.
Mais ne faisait-il pas très chaud ce jour-là ?

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Cali Rise

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