Automne annal
Photo de Ernesto Timor
La première fois, ce fut moi qui…
Entre nous pas de tabou.
Dialogue ouvert, sens exacerbés, essence du Nous…
Vous adorez mon derrière comme d’autres idolâtrent la Sainte Vierge.
La première fois fut cruelle : jeune et maladroit, titubant sous l’ivresse de l’Amour, Vous avez huilé légèrement et forcé. Votre main sur ma gorge qui m’étouffait… Ce mélange de peur panique et de douleur, m’avaient fait jouir rapidement…
Depuis Vous êtes passé Maître ès connaissances de la moindre parcelle de ma peau…
Déclenchant des raz-de-marée de plaisirs toujours nouveaux.
Grâce à Vous, j’ai appris à retenir ma jouissance.
Cet automne-là…
Le soleil est encore chaud, Vous m’avez fait monter dans la voiture, les yeux bandés. Je ne sais pas où nous allons… Je porte juste une robe…
La voiture s’arrête. Je suis légèrement inquiète. A l’écoute du moindre bruit. Vous descendez et venez ouvrir la portière. Votre main saisit la mienne. Aucun son ne sort de votre bouche… Sous mes pieds nus, j’entends frissonner des feuilles et de l’herbe. Vous me faites marcher quelques pas. Arrêt.
D’un geste brusque, Vous arrachez les pressions de ma robe. Mon cœur s’affole. Le vent caresse ma peau. Quelques mots et j’obéis à Votre désir. A quatre pattes, j’avance, respirant l’odeur de la forêt automnale à pleines narines…
Arrêt. Encore. Votre voix me guide. Vous êtes face à moi… Alors à qui sont ces mains qui se posent sur mes hanches ? Ces doigts qui me fouillent ? Ces doigts qui accélèrent mon excitation ?
J’entends des pas qui arrivent sur moi. Votre main caresse ma joue… Vos doigts s’immiscent dans ma bouche, sur mes lèvres… Votre main appuie sur mes reins pour exagérer ma cambrure. Votre sexe entre alors… En même temps qu’un autre me sodomise. Vos deux sexes vont s’accorder au même rythme…
Je deviens partition et instrument…
- Maintenant, jouis !
Apothéose éblouissante. Même dans le noir, je vois les lumières…
Vous ne m’avez jamais dit qui m’avait sodomisée. Je ne l’ai jamais demandé non plus…





Leave a Reply