Chat, leurres
Photo de Dominique Lefort
Je ne Vous regarde pas mais Vous me voyez.
Vous alternez le vous et le tu, jouant à m’égarer.
Entre nous, point de leurres. Qui serait le fauconnier ?
J’aimerais, ce soir, que Vous soyez chat.
Pas minet arrogant et fier de l’être.
Pas matou galeux errant de cuisse en cuisse.
Chat.
Félin.
Limite tigre.
Jouez avec Votre voix autant qu’avec Votre peau.
Charmez-moi…
Tournez-moi autour comme au premier jour…
Vous m’aviez vu le premier mais je ne le savais pas.
Laissons ce bandeau, je vais fermer les yeux.
J’aimerais…
Parlez, voulez-Vous ?
J’aimerais que Votre voix devienne rauque de désir,
Qu’elle ondule,
Qu’elle volute,
Qu’elle bouscule mes habitudes.
Faites-moi perdre la tête…
Que je ne sache plus où je suis,
Mais avec qui.
Ma voix adoptera Votre note.
Elle se fera murmure, enrouée, hésitante…
Egarée…
Nul autre que Vous ne sait m’amener là.
Cet affolement des sens qui brûle les non-initiés…
Il faudra songer, un jour à les avertir.
De Vous entendre me caresser de mots, je ronronne :
Mon souffle devient saccadé, mon coeur adopte le boogie-woogie…
Mon bassin ondule comme celui d’une pensionnaire d’un boxon de Storyville…
Viens… Oh oui, viens contre moi…
Je Vous aime mon amour.





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