Le bel au parc dormant
Photo de Frédéric Vignale
De là où je suis,
Je te contemple, endormi.
A quoi songes-tu, seul, au milieu de ces grilles ?
Rêves-tu encore à des jours meilleurs ?
De là où je suis,
Je te contemple, alangui.
Comment, malgré tout, peut-on s’abandonner encore ainsi ?
As-tu faim ? As-tu soif ? Qu’as-tu encore à toi ?
De là où je suis,
Je te contemple, avachi.
Et je déteste mon silence impuissant,
Mon regard penaud. Accepterais-tu ma main sur ton épaule ?
De là où je suis,
Je te contemple, endormi.
Je m’en veux de ne pas oser passer ces grilles.
Il suffirait que je pousse le petit portillon
Et que mes pas crissent sur le gravillon.
Ils te réveilleraient en douceur.
Je serais juste armée d’un sourire
Et nous croiserions seulement nos regards.
Oh dis, réveille-toi.
Maintenant, je suis là.





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