Toile
Photo de Jeffrey Mac Allister
Je ne suis pas l’araignée tapie au fond de sa toile et tu n’es pas le grand Maître peignant son chef-d’oeuvre.
Pourtant j’admire toujours après coup, ton talent de peintre aux mille couleurs. Tu parcours mon corps comme s’il était une toile vierge sur laquelle il fallait que tu laisses ta trace. Tes traces seraient plus exactes.
Jamais elles ne restent apparentes. Ou alors seulement pour quelques heures. Et c’est agréable, ma foi, que de participer à cette création éphémère.
Que de soupirs doivent leur vie à tes petites touches faites du bout des doigts, ou de tes lèvres, ou de ta langue.
« Où as-tu appris ? » Cette question mille fois répétée à laquelle tu souris, énigmatique et fier tout à la fois. « Je n’ai pas appris. C’est inné. Ou alors c’est toi qui m’inspire. »
Serais-je ta muse ? Me retiens-je de te demander. Pourquoi chercher à savoir ? Si je t’inspire, tu m’inspires aussi. Et quand je t’aspire au fond de ma gorge, le tableau change de forme. Que j’aime baiser ton gland et enfouir ton sexe dans ma bouche !
Parfois, rarement, je t’offre un suçon. Le Kama Sutra raconte que c’est la signature des amants. Il suffit de contempler les regards qui s’égarent sur ses signatures à même la peau pour le comprendre.
Alors, tout à l’heure, qui sera le peintre ? Où sera posée la toile ?





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