Timide
Photo de Stefan De Lay
Je me sens gauche et maladroite quand je pense à toi, alors me retrouver devant toi est encore pire. Je me tortille sous mes idées, voilant les gestes murmurés, me tordant les sens à t’imaginer autre. « Et si », « id est » bataillent et ferraillent avec violence. L’éclat de leurs coups bas me torpille et me cloue plus sûrement qu’un ordre intimé. Je me sens papillon fragile aux couleurs diaphanes, ange tombé tout juste du ciel étoilé, s’empêtrant dans ses ailes immenses devenues inutiles.
La vierge effarouchée que je n’ai jamais été naît. Maintenant, timorée je suis. La patience sera notre langage premier. De regards cillés en demi-sourires, d’attouchements farouches en baisers à bouches frôlées, nous apprendrons à nous connaître. Nous finirons bien par nous reconnaître. Alors l’impétuosité remplacera cette lenteur exacerbée. Ces instants de découvertes presque rougissantes deviendront de doux souvenirs que nous chérirons. Nous en peaufinerons la légende : tu deviendras mon chevalier patient, je serai ta princesse endormie. Grâce te sera rendue de m’avoir fait évader de mes limbes infernaux, je chanterai tes louanges. Tu célèbreras mes côtés agréablement démoniaques.
Dis… Intimide-moi encore !





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