Kaléidoscope
Photo de Christian Coigny
« Miroir, ô mon miroir, ne vois-tu rien venir ? »
La belle se pavanait devant la face froide et vierge de la grande psyché.
Elle y cherchait l’enfant battue, la mal-aimée. Cette fillette brune aux longs cheveux si brillants, si jolie, si sage, si intelligente. Celle qu’il appelait Sourire d’avril.
Disparue. Reléguée dans un angle mort.
Elle aperçut, une fraction de seconde, la jeune femme animale. La future mère modèle. L’amante indocile. Celle qu’il appelait Ma douce. Celle qu’on nommait Mon ange.
Floutée. Mélangée à des images superposées.
Vint la déchirure. Le voile s’entrouvrait à demi-mots rongeant ses maux. Heurs et douleurs se bataillaient la place. Elle eut peur. Recula pour mieux s’avancer. Fière et drôle. Bigarrée. Diaprée de son amour pour lui. De cette apparition si pure, elle se fit une écharpe douce et soyeuse comme le souvenir de ses mains sur son corps abandonné. Offert à sa bouche gourmande.
Elle vit sa voix lui murmurant un chant qu’elle connaissait depuis la nuit des temps. Ainsi vint le moment. L’instant tant espéré, si redouté. En cette circonstance si particulière, elle crut se voir vieillie de mille ans. Pourtant, pourtant ce n’était pas le cas.
Elle contemplait simplement Elles.





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