Oscar de la Censure
Photo de Maury Perseval
Juste un pied dans l’arène et le voilà assassiné par l’humiliation ressentie : une voix, une seule, a suffi pour que d’un geste ennuyé et peut-être blasé, on le jette. Le critique acerbe, celui qui se présente comme un donneur de leçons, celui qui descend méchamment des auteurs de romans, ne supporte pas d’avoir en face de lui un autre critique. Qui plus est, un critique qui LE critique.
Quoi donc monsieur, les remarques acidulées vous seraient-elles difficiles à digérer ? Sont-ce ces lourdeurs sur l’estomac qui vous donnent tant de poids que fort d’un caprice d’enfant gâté à qui il aurait manqué des coups de pied au cul, vous osez vous lever en criant « C’est lui ou c’est Moix ! » ? Et na ! Tout est dit.
Le trublion du Net, celui qui ose ne pas aimer ses oeuvres est sorti, abasourdi.
Pour mieux rentré. Car qui voit-on trôné dans les journaux ? Le censuré.
N’est-ce pas lui qui a droit aux honneurs de la presse ? Mèche rebelle, yeux noirs remplis d’éclats de rires, il pose devant les belles. Assurément, il pourrait prendre un nouveau nom qu’il signerait de la pointe de sa plume, ou mieux encore, qu’il graverait sur pellicule : Oscar de la Censure, réalisateur de rêves.





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