Walkers
Photo de CharlElie
Des marcheurs démarcheurs enjambent la vie à grandes foulées impatientes.
Agents illusoires d’une vie qui ne l’est pas moins.
Et ils courent. Et ils galopent. Et ils marchent et crèvent en cadences infernales.
Pressés.
Compressés par le manège incessant des heures qui passent.
Et trépassent. Bien avant l’heur.
De coups de talons rageurs en claudications involontaires, ils filent tout droit au cimetière. Ce qui, bien sûr, les désespèrent le jour venu.
Ils aimeraient beaucoup, pour sûr, que la morsure de la Grande Noire, faucheuse devant l’Eternel, soit pour leur voisin.
Ce vaurien qui sourit de leur dépit non feint et repart danser, à petits pas chantants, au grand bal de l’Existence à varier.
Car il sait bien, ce galopin, que rien ne sert de courir, la Mort le rattrapera toujours.
Alors, de pas chassés, accoucheurs d’envies, en petites foulées, découvreuses de rêves, il avance. Doucement.
Sa démarche est incertaine parfois, mais il poursuit à son rythme. Décent.
Serein et non pas serin.
Surtout, ne pas se presser sous peine de devenir oppressé.
Réapprendre à mettre un pied devant l’autre et recommencer sans courir.
Comme l’enfant qui découvre la marche. Avec application.
Et jubilation.
Promenons-nous dans la vie pendant que…
Berger, le troupeau de cons bêlera encore ce matin. Mais tu seras loin.





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