Le Comte de Fourques me tutoie, moi aussi et sans me forcer !
Vous connaissez déjà « Le bonheur est nocturne » pour l’avoir entendu sur les ondes mais derrière ce titre qui résonne comme un appel à poursuivre la visite se cache un album au goût unique : « Sans me forcer ». L’auteur de ce petit bijou rythmique s’appelle le Comte de Fourques.
Originaire de Perpignan, comme son ami Cali, David a ressenti très tôt l’appel de la musique. De formation musicale en formation musicale où bien souvent la difficulté réside à trouver un chanteur pour l’accompagner, il a fini par saisir le micro pour chanter ses propres chansons. Tant mieux pour nous !
Ses mots spontanés sonnent comme une évidence. Le Comte de Fourques manquait au paysage musical français !
Rencontre avec un homme au cœur noble et au sourire ravageur. La serveuse du bar s’en souvient encore…
Bonjour David. Tu portes un nom dont Johnny a fait la pub en buvant une tasse de café et pourtant, tu t’es anobli ? Pourquoi ?
C’est juste mon nom d’artiste, si je suis un aristocrate alors j’appartiens à l’aristocratie des sans grades , les gens que je croise dans les bistrots, ceux que l’on n’appelle pas des « pipoles », ceux que l’on appelle parfois « les vrais gens », ceux qui regardent la télé pas ceux qui la font.
Il existe vraiment une école de musique à Pigalle ? Que t’a-t-elle apportée que tu n’avais pas appris seul ou avec ton groupe Locura ?
Il s’agit de l’école ATLA, j’y ai appris la rigueur, à élargir ma palette musicale et j’y ai surtout rencontré des musiciens exceptionnels aussi talentueux par leurs techniques instrumentales que leurs qualités humaines. En dehors des cours il est vrai que le quartier ne manquait pas de distractions…
Puisque tu dis avoir Henri Miller, Jack Kerouac et Charles Bukowski comme références littéraires, cites-moi le livre de ces auteurs qui t’a le plus marqué.
Tropique du capricorne de Miller, Big Sur de Kerouac, Souvenir d’un pas grand-chose de Bukowski.
Le comte de Fourques serait un artiste romantique et fauché ? Fauché comme les blés, je vois, mais romantique, tu m’expliques ?
J’aime le printemps et l’automne, je crois à « l’amour toujours », j’ai le spleen depuis que suis né et quand je fais des compliments à une femme je finis par croire mes mensonges.
« Le bonheur est nocturne » passe en boucle sur certaines radios nationales. Quel titre aurais-tu choisi pour représenter l’album ?
« Le bonheur est nocturne » est un bon titre pour présenter l’album, si mon album était une maison alors cette chanson en serait le hall d’entrée. On commence rarement une visite par une descente à la cave même si cela peut avoir du charme.
Cali t’a mis le pied à l’étrier en te proposant d’assurer ses premières parties. Dernièrement tu étais en vedette américaine de Kaolin. Et c’est le réalisateur Mitch Olivier (Bashung, Rita Mitsouko, Anis) qui s’est occupé de ton album. « La vie est belle » pour toi ?
Le paradoxe d’un artiste solo c’est qu’il a besoin de beaucoup s’entourer. J’ai eu la chance de faire ou de provoquer des rencontres juteuses. En ce qui concerne Cali, c’est un ami, ça fait dix ans qu’on se connaît puisque nous sommes tous deux originaires de Perpignan.
« On finira tous à vélo et ce sera bien fait pour nos gueules » (« A bicyclette »). C’est une chanson prémonitoire ou le nouvel hymne que Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé des transports pourrait chanter ?
Pourvu qu’il ne soit pas le seul à l’entendre ! On prépare d’ailleurs un projet spécifique autour de cette chanson mais pour l’instant je n’en dis pas plus. C’est une de mes favorites et le refrain m’est vraiment venu en enfourchant mon vélo.
« Par-dessus la jambe », « Te fuir » sont assez dures par rapport aux autres chansons. Où puises-tu ton inspiration ?
Je cherche d’abord des musiques. Lorsque j’en trouve une qui m’accroche le texte suit assez vite car c’est la musique qui m’inspire (ou pas) les paroles. Pour ce qui est de l’inspiration, il me suffit de pencher la tête par la fenêtre donnant sur la rue et je passe pas mal de temps à ruminer dans les bars de mon quartier.
Pour être artiste, il vaut mieux être « Dans la lune » ou avoir les pieds sur terre ?
Je ne crois pas au mythe de l’artiste rêveur, tout ça n’est que pose de feignant dans un monde où l’image prime sur tout. Entre le temps que je passe à jouer de la guitare, écrire, composer, être au téléphone avec mon équipe, répondre à cette interview, entretenir mon alcoolisme, séduire des femmes, écouter des tonnes de disques…c’est un métier et ça s’apprend.
Monsieur le Comte de Fourques, je te remercie d’avoir répondu à mes questions et je t’offre les mots de la fin…
Achetez mon disque bordel !
Sans Me Forcer, Le Comte de Fourques, V2
Le site officiel du Comte de Fourques
Son Myspace











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