Maîtresse
Photo de Stefan De Lay
Du bout des doigts caresser ses lèvres.
Manger son sourire pour m’en souvenir encore et encore.
Comme de ses râles de plaisir qu’il expire en écoulant son sperme dans mon ventre.
Goûter ces heures où, séparés du monde extérieur, nous respirons dedans notre bulle.
L’écouter m’énoncer d’une voix douce de futurs délicieux supplices. « Tu me suceras en te masturbant… Je m’envelopperai de ton odeur intime, ton string mouillé par ton excitation dans ma bouche… Et je te respirerai… Je te respirerai… J’aime tellement ton odeur… Quand mon sperme envahira ta bouche, tu ne l’avaleras pas… Tu le garderas en bouche pour venir le verser dans la mienne tout en t’empalant sur mon sexe… »
Bander comme une femme, les lèvres ouvertes comme une fleur épanouie. Une fleur rose sang au pistil érectile et aux pétales ourlés d’une multitude de perles humides. Humidité qu’il sait rendre si abondante. Si abondante qu’elle en mouille le haut de mes cuisses.
Refuser de se demander s’il lui fait aussi bien l’amour.
Ne pas chercher à savoir s’il en existe d’autres.
Réfuter ce pincement au cœur lorsqu’il évoque une future soirée avec elle. Elle, sa femme.
Se nourrir du moindre de ses silences, de nos si nombreux échanges, de ses immixtions surprises. Des morceaux de sa vie qu’il amène avec lui.
Mesurer sa présence aux heures qui nous séparent.
Imaginer sa marche dans la nuit, ses pas martelant le trottoir bruyant.
Se délecter de ses appels furtifs me rappelant son manque de moi.
Sourire en l’entendant avouer qu’il vit beaucoup moins bien sans le son de ma voix, qu’il a aimé cette soirée et cette journée passées avec moi.
Songer en riant à peut-être lui enregistrer des bribes de phrases comme celles…
Se laisser envahir par son souffle.
Encore et encore.
Aimer ce rôle qui n’en est pas un.
Je suis maîtresse en sa demeure.





fév 23rd, 2007 at 4:07
Il lui fait sûrement aussi bien l’amour, mais elle, lui fait elle aussi bien l’amour ? Probablement pas.
mar 2nd, 2007 at 10:17
j’adore :
“Bander comme une femme, les lèvres ouvertes comme une fleur épanouie”
tu es délicieusement impudique et à cette heure je t’imagine en pratique …
mar 4th, 2007 at 1:52
Tes récits exhalent l’amour, toutes les sensations d’une femme aimante maîtresse malgré elle avec une telle exactitude et donc une telle puissance…..