Tape-cul
C’est souvent une histoire d’équilibre, de balancier.
Genre tape-cul, tu sais, la balançoire.
Et il l’écoute expliquer.
Projette l’image :
Quand l’un est en bas et l’autre en haut et pourtant reliés. Il suffit d’un bon coup de talons et hop ! Arriver à se mettre en parfait équilibre sur un tape-cul est très difficile. Et très jouissif quand on y arrive. Mais ça l’est encore plus de se retrouver en l’air et d’attendre que l’autre pousse un bon coup pour qu’on redescende lui rendre la pareille. Oui, le tape-cul est la bonne image de la relation amoureuse… Tu as aussi l’aiguillon. Comme le torero et ses banderilles. Mais en moins violent. Sans la mise à mort du matador… Juste pour titiller. Pour ne pas que l’autre s’endorme. Pour qu’il reste vigilant et ne considère pas comme acquis le fait que tu partages sa couche.
Il l’arrête. La jouissance, n’est-elle pas semblable à la mort du taureau ?
… La petite mort. Ces étoiles qui apparaissent et nous font fermer les yeux alors qu’un volcan dévastateur emporte nos entrailles jusqu’à ce que le cœur éclate en brûlant de mille feux. Nous laissant exsangues. Gelés… Si c’est une corrida, qui est le taureau et qui est le matador ? Est-ce que l’un veut la mort de l’autre ? Dans l’arène, si l’animal ne comprend pas tout de suite de quoi il s’agit, l’instinct de combat refait vite surface. C’est lui ou son adversaire. Dans un lit, c’est un simulacre de combat où même la pénétration, acte qui peut être regardé comme barbare, n’est là que pour emmener la partenaire au-delà d’elle-même…
Ses yeux se ferment un instant, elle savoure un souvenir.
Les hommes n’ont-ils pas en eux le désir de faire jouir leurs partenaires à l’instant où eux jouissent ?… Les femmes aussi, remarque.
Elle sourit, espiègle.
Dans sa tête, elle entend sa voix qui lui demande « Viens ! Viens maintenant ! » Ensuite, son souffle s’accélère et…
Excuse-moi, je m’égare ! Elle ne va tout de même pas lui raconter qu’elle revoit des scènes amoureuses ! D’elle et d’un autre. Son autre.
En fait, quand je te parle d’aiguillon, je vois plus un angelot dodu qui pique de temps à autre. Tu vois ? Genre Apollon. Ce diablotin !
Ah oui. Un diable en habit noir et feu, comme un beauceron.
Un diable… Ce mot lui va bien. Il a le charisme du diable. Et j’adore lui rappeler que… Encore une fois, elle s’évade. « Vous en avez assez de moi ? » Cette angoisse qui perle dans sa voix… Et les baisers qu’elle dépose sur son ventre, délicatement, un par un, comme pour ponctuer sa réponse qui ne vient pas. Si ce n’est ce regard qu’elle lui lance au moment où elle engloutit son sexe dans sa bouche.
Pardon… Dis-donc, aiguillonner et tape-cul. Je trouve que je suis vraiment douée ce matin !






fév 26th, 2007 at 11:05
Eperonné de chevilles impudiques, je m’inclinais, la tête plus basse que les flancs. Je voyais rouge, je pansais sang.