Cages

Photo de Stefan De Lay

La pluie tambourine sur son parapluie et ses talons clapotent sur le trottoir quand elle pense à vérifier ses appels. Une petite icône lui indique qu’une personne a cherché à la joindre plusieurs fois. On a laissé un message. Sa voix le devine inquiet. Et si elle avait changé d’avis ? Elle en sourit aux anges. Un homme passant pressé ralentit sa course pour lui dire comme elle est belle.

« Je suis là ! » Le là étant vaste, plusieurs minutes s’écoulent avant qu’ils ne se rejoignent. Tournant et retournant à la même place, elle le voit arriver, ensoleillé jusque dans les yeux. Mélange de puissance et de douceur, de force et de délicatesse. Elle le scrute et le détaille, le photographie sous toutes les coutures. Tout y passe. Ses vêtements. Ses cheveux, la forme de son visage. La couleur de ses yeux, la pulpe de ses lèvres, ses belles mains… Ne rien lui dire. Ne pas bouger. C’est difficile quand son ventre lui intime par pulsations rapides « Touche-le ! Touche-le ! »

A un moment, il repose sa tasse de café et de but en blanc attaque. « Avec ou sans ? » Sa question provoque un éclat de rire joueur. « Touche pour le savoir ! » C’est à son tour de rire. « Bien joué ! Vraiment bien joué ! Venez ! On bouge. » Sans savoir où il l’entraîne, elle le suit. La pluie ruisselle sur eux sans réussir à ternir l’éclat de leurs yeux. Une porte cochère s’ouvre. Il retient la porte. « Viens ! Viens ! »

Un escalier borde le couloir. Derrière eux se trouve une porte d’un cagibi. Peu importe. Il l’attire à lui puissamment. Leurs lèvres se goûtent comme deux fruits fragiles. Ils prennent leur temps tous les deux même si l’ardeur de leurs désirs les renversent. Sa main court sous sa jupe. Elle lui mordille la lèvre et se recule. « Viens ! Viens ! » D’autres portes, d’autres couloirs. Leurs rires qui se tortillent. Et puis cet immeuble au tapis rouge. Un recoin tout en lumière où des voix grimpent jusqu’à eux. Elle pose son sac et se moque de sa réticence « Nous n’avons pas le temps ! » Sa bouche le mange. Au diable l’avarice ! Enfin sa main se faufile et répond à sa question de tout à l’heure. Il sourit de l’aubaine. La bouche de sa ceinture saute. Vite. Vite. Il sursaute au moindre de bruit. Elle se moque de ce qui l’entoure. Ma main est froide s’excusera-t-elle en caressant ses testicules et son sexe pour gémir tout contre sa bouche quand ses doigts s’introduisent en elle.

Ils rient comme des gamins en se rhabillant dans les escaliers feutrés. La porte s’ouvre sur l’extérieur et le manque de lui la foudroie déjà. « Tu es chiant ! » Le griffe-t-elle. « Vous m’appelez lundi ? » S’enfuit-il en souriant. Pendant quelques pas, elle peste comme un beau diable. « Va te faire voir toi et tes rendez-vous chronobaise ! » Son portable vibre. Sait-il que s’il n’avait pas écrit ces mots, elle aurait disparu ?

Devant elle, un homme stoppe sa marche. « Vous êtes magnifique ! Vous ensoleillez ma journée ! » Ses yeux glissent sur sa silhouette, connaisseurs. S’il savait lui aussi.

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Cali Rise

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