Jouir
Photo de Stefan De Lay
Ecrivez ! Ecrivez, please…
Depuis son bureau, il lui avait répondu. Elle aimait qu’il réclame. La nuque penchée sur laquelle d’autres lèvres amusées venaient parfois se poser juste pour dérouter les autres, la jeune femme laissa courir ses doigts. Ce n’était pas tellement l’envie de le faire bander qui la guidait mais plus sûrement celle de le surprendre. L’imaginer concentré, pris par son monde alentour, ses gageures importantes et, là, tout à coup, son cœur qui se mettrait à battre plus fort, ses yeux qui brilleraient d’un éclat nouveau sans que les autres sachent pourquoi. Nul doute, elle adorait.
Ses pas l’ont menée dans la salle de bain jaune et noir. Elle se positionne face au miroir, longue silhouette aux yeux brillant. Son reflet déboucle la ceinture et ouvre lentement la fermeture éclair du jean, l’abaisse jusqu’à mi-cuisse. Ainsi que le string. L’image de son sexe nu attire son regard mais c’est sa main comme aimantée par ces lèvres humides qui va l’hypnotiser.
Un mail surgit du passé proche la surprend… Tu me ferais l’amour, là ? Je ne te demande pas de m’appeler ni d’entrer dans les détails, juste de me dire si le fait que je te demande de me faire l’amour pour me calmer te fait bander…
Nerfs à vif. Besoin de caresses douces et sensuelles… De ta bouche sur mes lèvres… Celles qui sont entre mes cuisses. Ou les autres… Au choix… Et sa réponse, rapide… Les cuisses, bien sur ! Oui, je bande ! Elle se sourit. « Tu es belle, si belle. Le désir de lui te rend si lumineuse… » Ses doigts qui connaissent la musique, s’agitent déjà. « S’il me voyait à cet instant ! Elle est si jolie cette main… Ce geste mille et une fois répété mais toujours unique… » Et tout revient.
Cette cage d’escalier. Leurs rires complices. Sa réticence bien vite mise à l’écart. Elle avait posé sa bouche sur la sienne pour clore tout discours, ses mains volaient sous son pull gris et finissaient d’ouvrir son jean. « Chut ! Laisse-toi faire… Je veux te sentir gonfler dans ma bouche… » Accroupie devant lui, elle avait déjà embrassé ses testicules ronds et durs « Je suis amoureuse de tes couilles. Tu sais cela ? ». Ses grandes mains avaient alors saisi ses cheveux et sans plus attendre, ses lèvres avaient tété son gland. C’est elle qui guidait leurs mouvements jusqu’à ce que…
Son majeur insiste sur le clitoris et repart vers son vagin trempé. L’image de cette femme se donnant du plaisir la subjugue vraiment mais d’autres viennent à nouveau s’y superposer.
Ils étaient sortis de leur cache ouverte à la lumière de la verrière pour se glisser dans l’escalier. Pendant qu’elle se maintenait à la rampe, la jupe délicatement relevée jusqu’à la taille. « On dirait une fleur… » avait-il murmuré tout contre son oreille. Elle lui offrit son cul blanc majestueusement posé sur des bas noirs et il la pilonna, cramponné à ses hanches. On entendait le ronron de l’ascenseur qui se rapprochait dangereusement de leur étage. Puis un déclic se fit entendre. Des portes s’ouvraient. Ils jouirent ensemble, arc-boutés au-dessus du vide. Quand les habitants de l’immeuble passèrent à leurs côtés, elle avait déjà rabaissé sa jupe. Il finissait de ceinturer son pantalon dans la mini-verrière, leur tournant le dos, semblant répondre au téléphone pendant qu’elle l’attendait, patiente. Elle croisa leurs regards sans ciller. Le mélange de leurs liquides s’écoulait le long de ses cuisses, sauvage.
Elle jouit dans le téléphone encore imprégnée de ces moments fous.
Voulez-vous que je laisse sur votre messagerie le pourquoi de ma jouissance d’hier ou préférez-vous que… ?





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