Jeux d’O.
Photo de Stefan De Lay
« Une bouche de femme pour une fois. Elle aspirerait ton clito et le mordillerait » Et vous aviez disparu dans un sourire rieur.
Nos vies avaient repris leur cours. Longtemps, cette phrase avait trotté dedans ma tête. Forçant le passage alors que je m’y attendais le moins. Puis, j’avais oublié. Le refoulement avait pris le dessus. Une femme entre vous et moi ? Une plaisanterie ! Serais-je capable d’autres choses que lui arracher les yeux ?
« J’arrive… »
Déjà ? Mais… Vous ne manquiez pas d’airs, je connaissais les chansons. Je ne savais jamais à l’avance ce que vous alliez encore inventer. Ni combien de temps vous alliez rester. Un accord entre nous. Juste l’instant présent. Pas moins. Toujours plus.
En robe blanche, ourlet au-dessus du genou, je vous ai ouvert la porte. Qui d’autre que vous aurait pu sonner de façon si directe ? Même la sonnerie du téléphone obéissait à votre désir volontaire ! Nos lèvres se sont touchées, chaudes et humides, juste dans l’entrée. Et vous l’avez poussée devant vous. Votre cadeau-surprise…
Vous la disiez blonde, je la voyais brune. Vous me l’imposiez donc, je m’intimidais d’une. Tous les deux, vous m’aviez alors pris la main pour me guider au travers de cette maison qui me devenait tout à coup un lieu inconnu.
La salle d’eau serait le lieu de nos ébats. Vous aviez choisi. Le balancement de ces hanches sous sa jupe courte à volants avait attiré irrésistiblement ma main. Je la glissai sous le tissu pour tâter sa chair ferme et son string nu. Il devint urgent que je la goûte. Je m’agenouillai devant elle pour glisser ma tête entre ses cuisses. La dentelle était déjà humide. Des deux mains, j’enlevai rapidement ce bout de tissu inutile pour découvrir un diamant pur. De la langue, je m’amusai à titiller ce bijou brillant tout en la fouillant de mes doigts aventureux. J’aimais sa texture, ses plis et ses replis ouverts. L’odeur de sa cyprine, l’anneau étroit de son anus.
Vous avais-je entendu ? Je me redressai pour saisir votre sexe offert à ma paume. Ma bouche se perdait entre ses lèvres, mon autre main entre les miennes. Nous formions une chaîne de soupirs ininterrompus.
Je me souviens qu’elle avait pris appui sur le rebord de la baignoire s’offrant en toute impudeur.
Je me souviens que vous vous êtes glissé derrière moi, soulevant ma robe jusqu’en haut de mon dos, découvrant entièrement mes hanches et mon cul. Du reste, c’est lui que vous vouliez. Orphelin consentant. Palpitant dès l’approche de votre gland. La douleur vive provoquée par votre coup de rein viril et triomphant fut vite estompée par sa bouche qui s’emparait de mon clitoris.
Je me souviens m’être demandé quel tableau nous pouvions former ainsi tous les trois : vous m’enculant jusqu’à la garde, elle sous mon ventre et moi, à quatre pattes. Quel titre aurait-il pu porter ?
Elle est partie peu après. Nous laissant seuls, abandonnés. Je tremblais comme une feuille sans que le froid du carrelage y soit pour quelque chose. Vous m’aviez blotti tout contre votre cœur. Je reprenais vie en l’écoutant se rasséréner de minute en minute. Pour une fois, vous n’étiez pas si pressé…





avr 23rd, 2007 at 8:18
«une chaîne de soupirs ininterrompus»
mfff souvenir
avr 23rd, 2007 at 12:18
Dites, comment est-ce que je peux me concentrer au travail si vous lire me coince la trique entre le marteau-chaise et l’enclume-bureau ?
Chuis coincé maintenant.
avr 23rd, 2007 at 1:03
Dites-moi, vous n’êtes pas censé être derrière votre bureau pour y travailler ? Voulez-vous que je vous apporte un verre d’eau ? Un seau, peut-être ?… sourire
avr 23rd, 2007 at 2:46
Seau d’eau : mégot mort.
Ça me parait tout à fait approprié aux circonstances, oui.
avr 24th, 2007 at 12:40
Pas mal le jeux de mot