Volutes

Photographie de Maury Perseval

La porte vient de se refermer et tes derniers baisers s’évaporent sur ma peau nue. J’entends tes pas décliner dans les escaliers.

Encore une fois, tu pars.

Encore une fois, j’allume une cigarette.

Mon corps respire par à-coup le trop-plein de tes caresses.

Mon coeur aspire déjà à combler le vide que tu laisses à chaque fois en tap-tapant de plus en plus régulièrement.

Vous reviendrez… La porte du vestibule claque sur vos talons, déjà. Il est inutile que je me penche à la fenêtre pour vous voir disparaître. Pour vous regarder marcher, les mains dans vos poches, le sourire placardé. Inutile car je connais tous vos gestes d’homme pressé. Le téléphone à l’oreille, le cerveau en giga-octets, recensant vos rendez-vous avec doigté, vous avancez sans vraiment de pensées pour celle que vous laissez seule avec les siennes. Vraiment ?

J’imagine entendre vos souvenirs de nous résonner dedans votre tête. Eclater comme des bulles de savon irisées au soleil de minuit. S’enrouler sur eux-mêmes comme cette fumée de cigarette. Tournoyer pour mieux renaître. Ailleurs. Différents. Sans doute vous étonnerez vous de sursauter à la simple vue de talons similaires, aux fragrances suspendues d’un parfum quasi-identique. Vous vous agacerez de ces intrusions inopinées. De ces mensonges écervelés. Et inutiles. Alors vous m’enverrez des messages totalement à côté de la plaque, des messages qui ne répondent à aucune question que d’ailleurs je n’aurai pas posée. Et des baisers chocolatés.

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Cali Rise

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