Chatte brûlante par Morgane

Photographie de Maury Perseval

Photographie de Maury Perseval

J’ai une heure devant moi, une heure toute à moi, et il me reste deux cigarettes, tu m’as dis entre deux baisers « ne sois pas sage !!!! »

Ce que tu sous-entends n’est pas ce que je fais….

J’ai miaulé « « oui » ……

Pourtant à peine, es tu parti…. Que j’ai bondi, non vers le lit, mais sur le paquet planqué au fond du sac, je l’attrape du bout des doigts en ronronnant, je joue avec lui, au chat et à la souris…

Enfin je t’ai…. !!!! Objet de mes fantasmes, de ma désobéissance, de mon insoumission…

J’arpente la chambre, de la glace, à la fenêtre, je regarde mes seins, les soupèse, j’ai même l’audace, de me tenir les cuisses fermées, sur le bord du lit défait…

Tu vois, je ne te désobéis pas vraiment, l’érotisme est présent, une femme nue qui fume, une femme seule, toute à son plaisir… N’est-ce pas ce que tu as suggéré ?

Si tu étais présent, tu me ramènerais à ton rêve, « pose cette cigarette, viens prés de moi, caresse-moi… » et je l’aurais sûrement fait, en me disant que c’est meilleur pour notre santé…

Mais, là tu es parti, et je n’ai pas envie de jouer avec le feu follet, de mon entrecuisse comme tu me l’as murmuré.

Et là, une envie incandescente, me consume…

Et si je partais, laissant là tes valises ouvertes, et l’odeur de fumée…

Et si je découpais en lambeaux tes chemises, unissant, le dentifrice bariolé de si bonnes intentions, à tes cols amidonnés … et si je te laissais là, face à des slips et tee-shirts saupoudrés de mon rouge à lèvres vengeurs…

La cigarette aux lèvres, je deviens cette garce des films, en noir et blanc… Je t’imagine effondré, non par mon départ mais par le fait que tu devras justifier la perte de trois chemises, si bien repassées…

Je chausse mes talons hauts pour peaufiner le personnage de cette maîtresse aux ciseaux fatals qui savoure chaque bouffée le regard détaché.

Je miaule avec délice, à m’imaginer, écrasant d’un talon victorieux, la dernière cigarette sur la veste de pyjama, que tu ne portes jamais.

Trois quarts d’heures se sont passés, il ne me reste plus de cigarettes, et je n’ai toujours rien découpé…

Vite ! Il faut que j’efface les traces de mes envies de lèse-majesté.

Dehors fantasme de cheminées, ciseaux et talons rageurs, chemises trouées !

Par la gouttière chatte qui brûle ton toi !

Sous la tapette souris des années trente !

Retournez à votre triste destinée dentifrice endiablé, rouge à lèvres infernal !

Il faut se méfier, d’une femme seule qui fume ! Tu aurais dû m’attacher…

Auteur : Morgane

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Cali Rise

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