Traces

Photo de Laetitia Debruyne/ Fr[ÿ]soler

Comme la goutte d’eau tombe du nuage pour se dissoudre dans le ruisseau, je ne suis qu’une fragrance. Un léger sillage de parfums interdits qui frémit dans l’air, tout contre toi.

Cela commence par la pulpe de tes doigts et lentement, comme un doux serpentin d’argent, je m’entortille autour de ton poignet. Tout au long de ton corps, je vais poursuivre ma route, appréciant une escapade sur ton ventre ou au creux de tes reins. Les battements de ton coeur me parviennent assourdis, tour à tour pianissimos ou staccatos et, si tu écoutes religieusement, tu peux entendre couler des perles de rire, des larmes irisées ou des sourires tendus tels des voiles vaporeux volant au vent.

Comme le chant liquide d’un ruisseau de forêts égarées, je ne suis qu’une trace évanescente. Une partition de notes changeantes, légèrement agaçante car le plus souvent indomptable, même par toi.

Combien seront-elles à deviner derrière ton sourire la caresse de mes lèvres, au fond de ton regard l’éclat de mes yeux brillant de volupté ? Combien seront-ils à lire sur ma peau le doux sillage de tes mains amoureuses ? Nul ne le sait, surtout pas moi. Mais il faut vraiment être insensible pour ne pas remarquer ces tatouages uniques, ces traces de nous, qui pigmentent nos corps à l’encre indélébile de la mémoire.

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Cali Rise

No Responses to “Traces”

  1. Traces légères et si présentes… mots et image se répondent merveilleusement, sans redondance. Je me penche avec elle en eaux profondes, dans l’infini et vertigineux miroitement des possibles.

  2. Humm… La sensualité du verbe et l’étrangeté de l’image. Subtil cocktaïl…

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