A la queue leu leu

Photo de Stefan De Lay

La pluie a surgi brutalement. L’orage a fait tomber sur eux toute la pluie du ciel. Elle riait comme une enfant, tourbillonnant sur elle-même, les bras et le visage levés vers les nuages noirs, la bouche ouverte.
« Viens ! »
Il l’entraîna en courant vers une porte cochère et la poussa d’un geste pressé. La cour était pavée de dalles irrégulières et les talons de sa compagne résonnaient sous la voûte. Il posa un doigt sur sa bouche avant de la plaquer contre le mur. Sa robe collait à son corps. Le pointe de ses seins nus transperçait presque la finesse du tissu. Avec ses cheveux courts mouillés, on aurait dit un chaton sorti d’un ruisseau. Pour quelqu’un de normal. Mais étaient-ils communs ses deux amants assoiffés d’envies lubriques ?
Il fourragea sa langue dans sa bouche alors que ses mains retroussaient sa robe jusqu’en haut de ses hanches nues. Elle reçut la dureté de son jean contre son ventre. Dans un éclat de rire, la jeune femme renversa la situation. Esquivant son étreinte, elle l’obligea à placer ses paumes contre le mur. Mains à hauteur d’épaules. Un moment, elle s’empêtra dans son trench-coat en tentant d’atteindre son ceinturon. Finalement, elle réussit à déboucler sa ceinture et à ouvrir sa braguette. Il se laissait faire, attentif à tout ses gestes. La pluie tombait toujours drue. Son bruit les coupait du monde.
Le pantalon abaissé, le sexe jaillit. Turgescent. Vibrant. Appelant sa main avec force. Tout en le branlant d’une main experte, elle lui envoyait des coups de reins, frottant son ventre contre ses fesses. Décidément, ce manteau la gênait. Sans lâcher la queue de son homme, la jeune tigresse s’accroupit et glissa sa tête hirsute sous les pans du trench. Il sursauta à la chaleur de sa bouche. Sa langue s’enfonça dans sa raie. Véritable anguille gourmande. Son but étant l’anus, elle s’y attarda après avoir léché ses testicules et son périnée. Il gémissait maintenant. Profitant de ce qu’il avait cambré ses reins vers elle, la fille enfonça deux doigts humides dans son cul. Son amant échappa un cri. Pendant quelques secondes, elle masturba seulement sa verge, son pouce glissant sur le frein. Doucement. Puis, elle se releva et fit aller et venir ses doigts, les seins écrasés dans son dos.
Ni elle ni lui n’avait prêté attention à un homme qui s’était glissé à leur suite pour s’abriter aussi du déluge. Dans un recoin du porche, il les avait maté sans vergogne. Son désir d’elle avait fini par former une bosse dans son pantalon. Il avait osé sortir son sexe et s’était paluché en silence. Mais là, il n’y tenait plus. L’inconnu voulait le cul de la belle.
Elle sentit sa robe se relever sur ses hanches mais ne cessa pas ses caresses. Une queue fine et longue s’enfonça en elle. A chaque coup de reins, il la plaquait fortement contre son compagnon. Leurs ahanements envahissaient le porche. Ni l’un ni l’autre n’auraient pu voir le rideau que formait la pluie diluvienne. Ils avaient tous les yeux clos. Unis et seuls.
La tête dans un autre monde.

 

 

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Cali Rise

2 Responses to “A la queue leu leu”

  1. Je me régale de tes histoires de culs…
    C’est le mois de juin pluvieux qui t’inspire, ou bien ?

  2. Ou bien ? sourires

    Le vent souffle très fort ce soir, les arbres chantent une mélodie bruissante, violente…

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