De Cali à Flaubert, le 15 juin 2007

Mon éternel voyageur,

Ton absence remplit tellement d’espaces par moment que j’en étouffe. Et puis, tu réapparais. Tranquille.

Tu penses que tes voyages m’angoissent. Non. Ils me nourrissent de tes retours. Me parleras-tu un jour de ces pays que tu découvres ? Poseras-tu des mots sur les éclats d’images que j’aperçois parfois au fond de tes yeux ? Il faut que tu saches… lorsque je respire ta peau, je m’interroge sur certains parfums. D’où viennent-elles ces fragrances qui se mêlent à ton odeur ? Et puis, d’un coup, tout s’envole. Il m’importe alors seulement de vivre le moment présent, l’accord de ton corps avec le mien.

Quand je te lis, je découvre des espaces temps dont je n’avais pas conscience. Que voulait cette fille ? Pourquoi est-ce si important pour toi de le savoir ? Assez important pour que tu te poses la question en tout cas. Je préfère me souvenir du goût de ton sperme dans ma bouche. De ton sourire quand je t’ai embrassé, la bouche encore pleine de ta semence. Du suivant lorsque, encore abasourdi de jouissance, ta main s’est aventurée entre mes cuisses pour remonter ensuite se poser sur ma joue, ton pouce effleurant doucement mes lèvres gonflées. « Viens… » Tu m’as attirée vers toi et nous sommes sortis tous les deux par la portière conducteur. « Viens… »

Sans que nous échangions un seul mot, je me suis plaquée sur le capot de la voiture. La chaleur du moteur m’entrait dans le ventre et le pubis. L’air tiède se frottait à mes fesses à nouveau nues. La jupe de ma robe chatouillait ma joue, ta langue se perdait dans mon sillon, voyageant pleinement de mon clitoris bandé à mon anus excité. Je fermai les yeux. Je t’aime moi non plus dansait dans ma tête pendant que des voitures chuintaient leur passage. Tu vas et tu viens entre mes reins… Tu vas et tu viens entre mes reins… L’issue fatale sourdait tel l’Etna en fusion. Encore. Encore. Encore.

Tu vas et tu viens entre mes reins… Allongé sur moi, tu m’écrasais de tout ton poids. Tes mains se cramponnaient aux miennes si fortement qu’elles en étaient broyées. Craignais-tu que je me sauve ? J’entrouvris les yeux. Un chauffeur de taxi croisa mon regard écarquillé sur un ailleurs. Qui n’était pas à sa place ? Lui ? Moi ? Nous ?

Avec douceur et délicatesse, tu m’as aidé ensuite à m’allonger sur la banquette arrière. Mes jambes ne me portaient plus, fusillées qu’elles étaient par cette overdose d’endorphines. Je fermai mes paupières juste au moment où tu me recouvrais de ta veste. Dans un dernier sursaut de conscience, je compris que l’aube et sa fraîcheur approchaient à grand pas.

Fugitivement, je me demande aujourd’hui ce qu’ont vu les passagers des voitures qui, inlassablement, poursuivaient leur course de fin de nuit. Plus sûrement, j’aimerais savoir à qui appartenait cette silhouette qui s’est glissée à tes côtés quand enfin tu as redémarré la voiture, enculant ce qui restait de la nuit. Ce n’était pas un rêve, n’est-ce pas ?

About the Author

Cali Rise

Leave a Reply

Les tags XHTML sont autorisés: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <blockquote cite=""> <code> <em> <strong>