De Ligeia à l’Inconnu qui te ressemble

C’était hier soir et pourtant chaque nuit

Nous propulse davantage vers le vide deux vies

Tu n’y as sans doute pas prêté attention

Mais nous sommes tombés en deffusion

Plus rien entre nous,

Ni masque, ni garde-fou,

Que ce que la Nature

Nous a offert pour parure

Sous l’eau ruisselante de la douche,

Crucifiée, pendue à ta bouche

J’attends que tu m’emportes

Que tu ravives les flammes mortes

Mais même nos peaux agglutinées

Compactées, fusionnées, ensemencées

N’ont jamais pu se lester de l’armure

Forgée du mince entrelacs de nos blessures

Que de mots tendres je te noie

Que tes regards me caressent comme soies

Jamais tu n’as su lire dans mes interlignes

Et moi j’ai soigneusement évité les signes

Qui auraient dépecé nos âmes à vif

Faisant converger les trajectoires de nos esquifs

Toi qui dis me connaître sous toutes les coutures

Sais-tu seulement que tu n’étreins que l’ossature

D’une chair qui vibre et frémit, mécanique

D’une poupée qui récite sa leçon, cynique ?

Emmurés dans le carcan des gestes répétés

Suturés de vains désirs animaux anémiés

Nos corps se répondent en une parfaite harmonie

Mais sur la partition usée de l’orgue de barbarie

Nos sentiments assourdis par crainte des tortures

Se seraient-ils éteints par manque de nourriture ?

Et trouverons-nous jamais la clef de nos silences ?

Vers quelles mains, quelles abysses, doit-on se détourner

Pour un jour peut-être mieux se retrouver ?

Toi, mon inconnu, dis-moi que tu y penses

Qu’à l’Amour notre vie fait offense.

Ligeia

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Cali Rise

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