Des cours de sexualité sur Internet

Quand un homme m’écrit pour me prévenir qu’il a mis Impudique en lien sur son site, j’enquête. François De Kock tient, entre autres, le site Sexpansions et proprose « une approche consciente de la sexualité ». D’après ses trois principes fondamentaux, « 1- L’être humain forme un tout. Nous ne pouvons séparer notre sexualité des autres aspects de notre vie, 2- Il y a autant de sexualités qu’il y a d’individus et de relations. La sexualité de chaque personne est unique au monde, 3- Le vécu de la sexualité change avec l’évolution de l’être. » Rien que du banal me direz-vous. Jusque là, oui. Mais cet homme prétend donner des cours individuels par Internet. Intriguant, n’est-ce pas ? Du coup, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de lui poser quelques questions :

1. Y aurait-il une approche inconsciente de la sexualité ?

Bien sûr. Ne dit-on pas que l’amour est aveugle ? Isolé de la conscience, l’amour est effectivement aveugle. Quant au désir sans amour, sans respect et sans conscience, à quoi mène-t-il, à votre avis ? Au viol pur et simple. On peut également aborder la sexualité à partir de la sensualité et du ressenti, en s’éveillant à la perception du monde à travers les cinq sens par exemple. C’est un travail de compréhension par le ressenti, qui débouchera éventuellement sur la conscience. Lisez à ce propos l’admirable ouvrage « Tantra » de Daniel Odier. Donc oui, il y a des approches sans conscience de la sexualité.

2. Peut-on franchement dispenser des cours de sexualité et, qui plus est, par Internet ?

L’existence et les résultats de Sexpansions prouvent que c’est faisable.

3. Vous employez le « nous » pour expliquer votre démarche. Parlez-vous toujours de vous à la troisième personne du singulier ou êtes-vous plusieurs à répondre aux courriels ?

Je ne suis pas le Roi Soleil, et je ne parle pas vraiment de moi à la troisième personne. J’utilise le « nous » pour souligner l’ouverture de Sexpansions à toutes les formes de sexualité. J’évite à tout prix que le lecteur et l’élève des cours soient confrontés à mes propres préférences sexuelles. Le « nous » offre un espace suffisamment neutre et ouvert pour que le lecteur soit libre d’être lui-même sans être confronté à une trop forte personnalité, peut-être différente de ses propres aspirations. D’autre part, le programme de travail s’ouvre à la formation d’autres accompagnateurs (voir le contenu du 11e cycle), et déjà maintenant plusieurs éditoriaux sont signés par des sympathisants de Sexpansions. Etablir le « nous » dès le départ ouvre la porte à cette multiplicité sans devoir revoir le ton du site à une date ultérieure. Enfin, au risque de heurter les plus sceptiques, je fais partie d’une équipe des plusieurs êtres qui oeuvrent ensemble, et dont je suis le seul représentant incarné en chair et en os. J’écris également « nous » en tant que porte-parole du groupe, comme un ambassadeur dirait « nous » au nom de son pays.

4. Qu’est-ce qui vous donne le droit d’accompagner des personnes inconnues dans leur recherche de leur propre épanouissement sexuel ?

Je me demanderais plutôt de quel droit, ou par quel orgueil mal placé, je refuserais à l’humanité l’accès à mes talents. Accompagner les personnes en conscience dans leur épanouissement sexuel, c’est ma vocation et ma compétence. En toute simplicité.

5. L’enseignement que vous dispensez est-il gratuit ? (dans tous les sens du terme)

Je propose l’accès gratuit pour tous à travers deux sites très fournis : Expansions.be et Sexpansions.org. Cette partie de mon travail est entièrement bénévole, y compris la réponse en ligne aux questions des lecteurs. Mon accompagnement plus personnalisé est payant. C’est mon métier ; pourquoi devrait-il être plus gratuit que le bon pain du boulanger ? Ceci dit, je considère que l’enseignement en tant que tel est gratuit. Je compte essentiellement le temps que je consacre à mon travail, ainsi que le payement de mes investissements et de mes frais courants.

6. Vous écrivez que certaines personnes ont plus facile à s’épancher par mail qu’en face à face or vous demandez que l’élève fournisse une ou deux photos représentatives de lui-même. N’est-ce pas contradictoire ?

Absolument pas. Les élèves se livrent totalement. En quoi une photo, voire même une rencontre en personne, ferait-elle exception à ce dévoilement ? Le fait de ne pas avoir de vis-à-vis pendant qu’ils écrivent sur leur ordinateur ne sous-entend pas qu’ils soient anonymes ou écrivent à un parfait inconnu, bien au contraire. Je dirais même qu’avec le temps une certaine complicité se développe entre les élèves et moi.

7. Pourquoi faut-il fournir ses coordonnées de naissance (date, lieu, heure et minutes précises) à l’inscription ?

Pour établir leur carte du ciel. Cet outil me sert à mieux cerner les besoins des élèves, il me permet de leur faire des suggestions utiles en allant droit au but, et bien souvent ce sont les élèves eux-mêmes qui me demandent ce que leur thème astrologique raconte à propos de tel ou tel sujet.

8. Vous êtes-vous déjà retrouvé face à quelqu’un que vous ne pouviez pas conseiller ?

Je peux toujours conseiller quelqu’un. Le problème n’est pas là. J’ai rencontré plus qu’assez de personnes qui ne voulaient pas être conseillées, ou qui rejetaient le conseil qu’elles avaient préalablement demandé. C’est important, en tant qu’accompagnateur, de reconnaître son impuissance à aider et de ne pas lier son estime de soi au résultat obtenu par ses clients.

9. Peut-il arriver que certaines personnes fassent un transfert sur votre personne ? Ou que vous, vous tombiez amoureux de votre correspondant ?

Evidemment, cela fait partie du métier. Ce transfert – que j’appelle projection – est nommé, il est mis à jour, et fait partie de notre travail de conscientisation, ni plus ni moins que tout autre élément apporté par l’élève. Dans ces cas, j’en profite souvent pour questionner l’élève à propos d’éventuels transferts similaires faits sur d’autres figures d’autorité que moi, ce qui défocalise instantanément son attention sur ma seule personne.

10. Expliquez « Je ne te crois pas, je crois en toi ». Une différence de verbe ?

Non, c’est le même verbe. Prenons l’exemple du transfert, justement. La personne qui me fait des compliments ou des critiques ne parle que d’elle-même. Je ne crois donc pas ce qu’elle me dit à propos de moi. Mais je crois en elle, dans le sens où je crois en son être authentique qui se cache derrière son ignorance et ses projections, et que notre travail mettra en lumière.

11. Selon vous, existe-t-il une vie sans sexe et sans amour, une vie sexuelle sans amour, une vie amoureuse sans sexualité ?

Oui bien sûr, tout cela existe, ainsi que toutes ces combinaisons avec ou sans conscience, avec ou sans désir, avec ou sans respect, avec ou sans puissance, avec ou sans attentes, et ainsi de suite. Les combinaisons sont illimitées, et c’est là justement un des aspects les plus passionnants du travail de Sexpansions.

12. Par quoi termineriez-vous cet entretien ?

Je viens de m’offrir un tee-shirt avec inscription « Fuck you very much ». J’ai beau prendre mon travail au sérieux, rien n’empêche d’en rire.

Le site de François De Kock

Ses réponses à une autre interview Expansion

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Cali Rise

One Response to “Des cours de sexualité sur Internet”

  1. Je considère François comme un vrai thérapeute et un vrai guide. J’ai fait un voyage chamanique avec lui, assisté à une de ses conférences et je lui pose régulièrement des questions sur son site. Ses réponses sont réellement éclairantes, c’est tout ce que je peux dire. Il y a beaucoup dans les réponses et beaucoup aussi ‘entre les lignes’ si on se donne la peine d’y réfléchir. Rien que sur ses sites, il y a une foule d’informations qui semblent être là rien que pour vous. Secte ou pas secte, gourou or not gourou, this is not the question. Allez plutôt y jeter un oeil et ne prenez que ce qui vous intéresse !

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