Free slave

Photo de Christer

Je suis votre esclave. C’est tout.
Et vous adorez cela.
Vous me dites adorable soumise. Et ambivalente.
Vous aimeriez avoir un harem dans lequel je figurerais.
Vous m’imaginez à quatre pattes dans une grande pièce décorée de roses et parfumée d’odeurs aphrodisiaques. Je serais vêtue d’un négligé de soie, allongée sur un lit king-seize, le mont de vénus à fleur de lèvres enfoui sous des pétales de roses.
Vous voulez m’entendre chuchoter des mots obscènes de ma voix sensuelle et gaie. Me droguer pour m’entraîner dans un paradis de sensualité, d’érotisme et de sexe.
Vous me dites garce et emmerdeuse, chiante et agaçante mais mourrez d’envie de me faire l’amour à la folie.
Vous appréciez infiniment que je sois votre esclave.
Vous réclamez parfois mes mots. Surtout s’ils sont francs et sincères. Puis vous vous plaignez d’être envahi. Dérangé en pleine réunion importante. Je vous perturbe dans votre concentration puisque à chaque fois que mon message est signalé, vous ne pouvez vous empêcher de l’ouvrir.
Vous voulez toujours savoir si cela me dérange que vous évoquiez une autre femme que moi.
Vous dites penser à moi pendant vos va-et-vient.
Vous m’appelez tour à tour jolie fleur, catin, sauvage, douceur, princesse, slave, ma petite grande chérie, my sweet bitch.
Vous voulez me posséder jusqu’à la moelle épinière. Vous refusez catégoriquement le partage.
Vous me désirez avec force. Avez envie de renifler mon string sous la douche. Ou de me l’arrachez avec vos dents. Menacez de me violer après m’avoir attachée.
Vous me racontez votre dernier rêve : nous étions tous les deux dans un lit comme deux voleurs de bonheur, dans une chambre illuminée par une dizaine de bougies dont les flammes dansaient à la lumière de nos souffles. Nous ne parlions pas. C’était la tendresse et les câlineries qui faisaient un son de silence. Nous n’étions que nous. Le monde s’était arrêté pour laisser la vague de plaisir me dominer et dominer mon âme. Du vôtre, vous ne dites rien.
Vous dites m’aimer à votre façon. Usant quelquefois du mot Maître avec majuscule.
Vous voulez vivre un cercle fermé empli de bonheur que personne ne viendrait polluer. Un cercle qui s’ouvre quand vous pensez à moi ou inversement dont l’intérieur est pur, rempli de nos odeurs sensuelles. Un intérieur ne contenant aucun meuble, seulement nous. Nous qui ne pensons qu’à assouvir une faim que nous ne connaissons même pas.
Vous précisez que chacun peut sortir prendre l’air sans avoir à se justifier, sans le souci de la réaction de l’autre.
Vous voudriez que j’arrête mon tourbillonnement.
Vous professez, tel un professeur anglais, que l’amour n’est pas une leçon de chose, que l’amour naît d’une transmission d’ondes invisibles, d’un regard franc, d’une confiance sans équivoque, de la connaissance mutuelle dans la l’intimité de l’âme des sentiments et du corps.
Permettez que je vous dise, monsieur, vous êtes une girouette inconstante dansant au gré du vent de vos envies. Vous êtes votre propre esclave, monsieur. Et je suis libre. Libre de vous dire merde, allez vous faire foutre ! Merde, allez vous faire mettre ! Merde, vous me manqueriez que je n’en serais pas étonnée.

 

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Cali Rise

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