Interview de Marc Levy, Les enfants de la liberté
Les enfants de la liberté est paru depuis quelques semaines déjà (voir la chronique qui concerne le roman [Les enfants de la liberté->http://www.impudique.net/spip.php?article551]). N’en déplaise à certain(e)s, Marc Levy a écrit un très bon livre que beaucoup de personnes ignorantes et intolérantes devraient lire.
L’auteur a accepté avec une extrême gentillesse de répondre à mes questions :
1. Bonjour Marc. Les enfants de la liberté n’a rien à voir avec vos précédents romans. Aviez-vous besoin de casser le rythme ?
Non, je rêvais depuis longtemps d’écrire cette histoire, mais il me fallait travailler toutes ces années pour pouvoir entreprendre ce récit.
2. Quand on commence à écrire une histoire qui prend pied dans l’Histoire, vers quoi va-t-on en premier ?
Vers la vérité des personnages, mon impératif était de ne pas m’approprier leur histoire, de rester humblement dans leur ombre, de ne pas faire non plus de ce roman, un roman de famille, Jeannot est l’un d’entre eux, et cette histoire leur appartient à tous.
3. Toutes ces anecdotes qui jalonnent le récit, d’où viennent-elles ?
D’années de recherches, de rencontres, de témoignages, de livres et de documentations.
4. Maintenant que Les enfants de la liberté est sorti depuis plusieurs semaines, avez-vous eu des retours de personnes qui ont vécu cette période de notre Histoire ? Qu’en pensent-elles ?
J’ai eu la chance de recevoir un appel de Damira, c’est la première fois qu’une héroïne de mon roman me téléphone…. J’ai été très ému de ce qu’elle m’a dit, il en fut de même la semaine dernière à Nice en embrassant Paulette et Claude Urman. Je crois qu’ils sont tous heureux du livre, surtout de sa fidélité à leur histoire et à leur vérité d’alors.
5. A-t-il été facile de grandir auprès d’un père comme le vôtre ?
Très, c’est un homme d’une telle générosité, et si humble.
6. Certaines familles sont plus taiseuses que d’autres même si elles n’ont pas de lourds secrets à cacher. La parole était-elle de mise chez les Levy ?
L’humour et la dérision était un plat quotidien, nous avons beaucoup ri à la maison, et ce n’est pas fini !
7. Pensez-vous qu’on puisse tout raconter ?
Avec humilité oui.
8. Diriez-vous, pour paraphraser Simone Veil, que ce livre est un devoir de mémoire qui participerait à notre éducation ?
Si je disais une telle chose de mon livre ce serait terriblement prétentieux.
9. On pourrait comparer pendant un instant, ce combat des enfants de la liberté au combat d’un autre enfant célèbre contre un géant, soit David contre Goliath “Tu viens vers moi avec une épée, une lance et un javelot, mais je viens à toi au nom de Dieu des armées, le Dieu des bataillons d’Israël que tu as insulté. Ce jour Dieu te livrera entre mes mains… et toute cette multitude saura que Dieu n’a pas besoin d’épée ou de lance pour donner la victoire…” (I Samuel 17, 47). A votre avis, quelle foi animait ces enfants terroristes pendant la guerre de 39-45 ?
Ces enfants étaient tout, sauf des terroristes, ils n’ont jamais tué d’innocents et leur incroyable maturité sociale et politique ont fait d’eux non des héros de guerre mais des héros d’humanisme et d’humanité. Leur foi était en l’homme et en la liberté.
10. Vous terminez votre livre par cette très belle phrase « Alors je me souviens que le mot « Etranger » est une des plus belles promesses du monde, une promesse de couleurs, belle comme la Liberté. » Par quoi concluriez-vous cet entretien, mon très cher Marc ?
Par un remerciement, à vous pour vos questions et aux lecteurs qui
m’ont offert ce merveilleux cadeaux en lisant mon roman.
*Crédits photos Marc Marmara Le Figaro
Les enfants de la liberté, Marc Levy, Robert Laffont 21 €











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