Lettre de Saint-Amand au vent de l’oubli fait femme
Le temps s’échappe.
Il fuit, l’air de rien comme un amant malin, désolé d’être vif, trop peut-être pour qu’on le contienne. J’en ai aimé des femmes, parfumé des matins calmes sur le fil d’un rasoir attrapé en toute hâte pour ne pas voir se rendre l’âme de la nuit déjà évanouie, dans les premières lueurs.
J’en ai vu des fenêtres me chuchoter tout bas que je n’étais pas le premier, ni certainement le dernier à regarder mon air de merlan patenté, un matin, levant, sur un soir d’été.
Perdues des matinées, gagnées des errances, glacées, moites ou titubantes, de quoi parfaire un peu une image de soi, prête à tout pour se sentir simplement un peu vivant.
Déchirer ses chemises de flanelles amoureuses, tenter en vain de croire en la mort de Dieu, du diable ou de l’archange.
J’ai décidé de hurler à la lune, muette, elle, de son sommeil forcé, de hurler, de me battre, de coudre des tuniques de fil d’or ou d’oseille. J’ai perdu mon étoile, elle est tombée un jour, ou peut être une nuit.
Je marchais librement , appuyant mes pas sur une terre aimable lorsque soudain, nonchalamment l’astre de mon amour s’est juste décroché, virevoltant tranquillement, comme plume dans le vent.
Elle est tombée l’étoile de notre amour. Comme ça. Comme un oiseau s’envole.
Je me suis retourné pour voir. Et tu n’étais plus là. Plus rien n’était là. Les temps s’étaient chargé de balayer le monde de bourrasques lavantes, de ruisseaux devenus rivières, fleuves, allant jusqu’à la mer. Inondant une immensité bleue d’une pluie battante, je me suis réveillé dans un corps inconnu, qui pleurait sur la terre les larmes de l’univers. Mille ans étaient passés, tu vois, il m’en aura fallu du temps pour comprendre doucement que je suis mort il y a déjà bien longtemps maintenant. Les fantômes des amours nous hantent plus sûrement que ceux de tout amant. Sais-tu pourquoi mon île ? Parce qu’en plein océan, seuls les fous de Bassan se révèlent à leur être, puissants, agiles et libres. Je suis le dernier des goélands et toi, le vent qui me porte à l’oubli.
Je ne me poserai plus, je me perdrai ainsi, libre, encore, jusqu’à ne plus savoir quand ma dernière plume, dans la brume s’évanouira, éteignant une étoile que toi, vent, tu balaieras simplement. Tu ne te souviens pas, tu ne te souviens plus, que tendrement têtu, je t’ai appris à rire, à souffler, à étreindre.
T’en souviens-tu chérie? C’était il y a mille ans.
Saint Amand





juin 5th, 2007 at 7:54
Mélancolique, doux et amer à la fois que ce murmure poétique d’une âme évanescente. C’est très beau…
juin 7th, 2007 at 12:10
« Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer »
Paulo Coelho
J.’aimerai chasser ces mauvaises idées
voir ce voile devant les yeux s’enlever
voir le soleil briller,
Avoir le plaisir de vivre, se concentrer, aimer …
.
Pouvoir aujourd’hui,
Pour toutes les choses de la vie
Apprécier chaque instant ….
Tout simplement…
.
La vie est tellement courte … en profiter
La souffrance … l’endurer, l’accepter …
Oublier les broutilles,
Pour ne pas partir en vrille…
.
Il y a des jours comme celui-ci,
où l’on voit s’enfuir la vie…
mais je dois espérer un astre brillant
grandir intérieurement …
.
Être son étoile brillante
superposée à son étoile filante …
…
Et, comme tu me l’as si bien dit : “L’étoile que tu cherches est en toi, n’oublies pas.
Accroche toi-même un astre dans ta tête et suis-le.
Ecoute et sens son énergie te donner des forces. Laisse sa puissance irradier tout ton être depuis ton ventre jusqu’à la tête et tu ne risqueras plus qu’une chose, ne plus avoir peur.
Tu sais, on commence à mourir à notre premier souffle, et beaucoup quitte une vie sans ne l’avoir jamais vraiment vécu.”
Merci Saint-Amand ! …. Tes mots m’aident à surmonter ctte peur et à avancer …
Shoan
juin 7th, 2007 at 2:12
Si les mots peuvent aider à guérir les maux, et que les miens sont efficaces, j’en suis très heureux.
L’écriture est une confidente et si elle peut donner de l’espoir et de la confiance, j’offre la mienne avec plaisir.