Sexe in favela
Photo de Stefan De Lay
Parce qu’il disait l’aimer, elle l’avait suivi. Destination Brésil. Soleil, sexe, drogue et pauvreté. Pour elle, Rio, c’était cela. Bidonvilles, prostitution enfantine. Pour lui, Rio était avant tout une enquête. Il était journaliste. Elle ne parlait pas du tout la langue, il savait délier celles des plus récalcitrants. Jusqu’à ce jour fatidique.
A Vila del Cruzeiro, des trafiquants de drogue l’avait identifié alors qu’il prenait des photos avec une micro-caméra. Selon deux témoins, il avait été torturé avant d’être achevé à coup de sabre par le baron local. Puis brûlé. On lui avait aussi tiré deux balles en pleine tête. Dès fois que.
Dans un état second, elle avait reconnu le corps. A vomir. Ce cadavre n’avait rien de ressemblant avec l’homme qu’elle avait serré contre son corps. Elle avait vomi. Puis haï. Mais elle était restée.
Pourquoi ? Aujourd’hui, dans ce couloir où les ahanements de jouissance sortent par toutes les ouvertures, elle se le demande.
Un soir, elle avait voulu voir l’endroit où il était mort. Une fête battait son plein et dans la foule grouillante, la musique rythmée de la samba l’avait poussée jusqu’à un bar bondé. Elle avait bu. Mojito sur mojito. Il y avait eu ce beau brun. Et un autre. Ensuite, elle ne se rappelait plus. A quoi bon ?
Les jours ressemblaient à ceux de la veille et ainsi de suite. Dans chaque cellule à la porte grande ouverte, une fille, une paillasse et un client. A la chaîne. Fallait que ça rapporte. Pas besoin de bien parler la langue pour annoncer le prix et écarter les cuisses.





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