De L’Eronaute à Sibylle

Très chère Sibylle…

Avez-vous la moindre idée des raisons pour lesquelles je ne tiens pas encore à savoir d’où vous êtes, mon Ame, ni dans quelle ville vous habitez ? Vous avez été surprise par mon manque de curiosité, n’est-ce pas ?

Vous situer sur une carte du pays aurait été sans doute pour moi prétexte à orienter mes pensées vers une région ou une autre, à vous y “voir” vivre, bouger, marcher… Peut-être aurais-je même “entendu” un accent, supposé une voix… C’aurait été comme une boussole du désir, à l’aiguille définitivement tournée vers vous… N’êtes-vous pas mon Nord et mon Sud ? Mon Levant et mon Couchant ? Mon axe du monde ?

Mais non… Sans cette précision géographique j’ai toujours l’extraordinaire liberté de vous imaginer partout, dans l’une ou l’autre des villes que je fréquente lors de mes multiples déplacements… Vous êtes donc partout ! Tenez, hier dans ce taxi, j’avais l’espoir fou de vous apercevoir de l’autre côté de la rue ! Je me disais que vous étiez là, occupée à vos affaires, la tête dans vos pensées où se trouve un petit bout de moi… Ou alors là, à la devanture de ce magasin de frivolités… Non ! Devant cette librairie… Ou encore…

Et ce taxi… Ne l’avez-vous pas pris un jour ? Ne vous êtes-vous pas assise là, sur cette banquette où je pose ma main en quête de je ne sais quelle vibration ? Où que je sois, je vous sens proche, j’entends vos pas sur le trottoir, votre parfum flotte autour de moi, je vous envisage dans le paysage, je vous y installe et vous y êtes bien. Chez vous, puisque j’y suis…

L’Eronaute

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Cali Rise

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