De Sybille à l’Eronaute

Cher vous…

Surprise ? Je vais de découverte en découverte en ce qu’il vous concerne. Je n’irais pas jusqu’à avouer que le sommeil me fuit, ce serait mentir. A vrai dire, je plonge dans le sommeil pour vous rejoindre. Vous n’êtes pas le seul à voyager ainsi.

La nuit, je vous approche et vous frôle tout à loisir. J’ai encore sur le bout de la langue, le goût de votre peau… Je n’ai nulle besoin de plume d’émeu pour vous faire vaciller. Et dans cette anti-chambre d’où je vous contemple entourée de femmes énamourées, je souris. J’observe leurs artifices et leurs minauderies. Si prévisibles !

Toutefois, il me semble que vous trichez. Comme hier encore lorsque nous étions côte à côté, en bas de cette dune… La mer formait des rayons d’écume qui venaient mourir sur la plage. Je contemplais seule la Brigantine. Son balancement incessant m’hypnotisait, le vent soufflait dans mes cheveux une de ces vieilles chansons de marins. C’est alors que vos doigts sont venus toucher les miens. Presque timides. Le contact était chaud, charnel. Et sans prévenir, vous l’avez rompu… Je vous aurais seulement entraîné un peu plus loin…

Oui, il me semble que vous trichez. Avec combien de femmes jouez-vous en réalité ? J’entends leurs rires et leurs soupirs… Vous prétendez que je suis votre Obsédante, appuyant bien la majuscule et toujours je les entends se pâmer et glousser. Quelle basse cour ! Pourtant, il en faudrait peu pour que j’oublie Apollon.

Cher, cher vous… Pour qui bandez-vous ?

Sibylle

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Cali Rise

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