Interview L’Eronaute
« Un Eronaute n’est pas forcément quelqu’un qui surfe sur le Net à la recherche de pages émoustillantes. Ce serait plutôt quelqu’un qui navigue dans la vie tout en gardant le cap sur une forme d’esthétique érotique… Accessoirement, et satisfaisant là un besoin assez naturel d’exhibition, il s’exprime sur la Toile, crée un blog, raconte des histoires, noue quelques contacts… » Soit ! Mais encore ?
Rencontre érotisante avec un homme énigmatique :
1. L’Eronaute… Qu’est-ce exactement ? Un héros des temps modernes ? Un endroit à la mode ?
Dites, c’est à vous de répondre à cette question ! Vous n’êtes pas chroniqueuse ?
L’Eronaute est un voyageur, ou parfois une sorte d’agence de voyage, mais gratuite.
Vous voulez venir faire un tour ?
2. Utilisez-vous votre blog comme un piège à filles ?
Sûrement pas ! Et pour bien des raisons…
La première, et non la moindre, naît dans la certitude que j’ai que les filles n’aiment pas se faire prendre au filet, comme les papillons. Et que lorsqu’elles s’en aperçoivent, on n’en tire rien de bon. Il faut ajouter à cela que si elles ne s’aperçoivent de rien c’est qu’elles sont plus niaises que la moyenne et donc d’un intérêt relatif. En revanche, il y a celles qui savent et se laissent prendre dans l’espoir de retourner la situation en laissant croire au piégeur qu’elles sont piégées tout en essayant de le piéger lui-même… Inextricable ! Et je n’ai pas une âme de trappeur. Les femmes, je préfère les attraper au lasso : au moins, elles voient le coup venir et le temps que je les mettent à terre, que je leur lie les pieds et les mains, il y a dans leur regard ce petit moment de gourmandise et de folie qui vaut largement des heures de chevauchée sur une pouliche soumise… Après, je les relâche, évidemment : je n’ai pas non plus une âme de cow-boy !
3. Donnez-moi une définition sensuelle de l’Eros…
L’Eros… C’est une sorte d’aurore sur un nouveau monde. Ce moment infime qui vaut bien une parcelle d’éternité où l’on sait que le soleil va se lever, magnifique et resplendissant, mais où le doute est encore permis parce rien n’est jamais gagné… C’est un regard qui se lève sur moi, une lèvre qui frémit, une jupe légère qui vole un peu, un sein que l’on devine.
L’Eros n’existe pas : il se mérite à la force de l’imagination.
4. Quel est pour vous le comble du cru ?
Sans hésiter : une fille nue, dernière représentante d’une horde de Huns, montant à cheval sans selle (une forme de régime jockey, donc), renonçant ainsi à cuire son steak selon les traditions ancestrales de son peuple… Et en plus, c’est à mon sens extrêmement érotique et riche de sensations diverses, autant pour la fille que pour la monture d’ailleurs. Si je pouvais choisir et si je croyais à la métempsychose, je serais cheval dans ma prochaine vie.
5. Certains utilisent les photographies pour se mettre à nu. Qu’en pensez-vous ?
J’en pense que chacun fait bien comme il lui plaît…
Que si je faisais des photographies en me mettant nu, ce serait plus pour me faire plaisir en provoquant le monde et en imaginant l’éventuel et vague émoi de mes voyeuses spectatrices… Mais je ne serais pas sûr alors de me mettre réellement à nu : je ne déshabille mon “moi profond” (je rigole !) que dans l’alcôve de conversations intimes où dans le cadre troublant de correspondances improbables… Les photos de mon anatomie ne révèlent pas grand chose : je me photographierais nanti d’une impériale érection que personne ne saurait exactement ce qui a provoqué cette manifestation totémique… Et si l’on ne sait pas pourquoi je bande, on ne sait rien de moi, je ne suis pas réellement nu… Vous voyez ?
6. Recherchez-vous la toison d’or ?
Il y a peut-être un peu de ça… La quête du Graal en quelque sorte. Comme tout le monde. La quête de “l’objet” magique susceptible de donner pouvoir, richesse et éternelle jeunesse. L’amour en somme… Qui, au même titre que la fameuse Toison, fait partie d’une très ancienne mythologie. L’essentiel étant d’y croire. Mais je note que la Toison d’or provenait d’un bélier sympathique que l’on n’hésita pas à sacrifier alors qu’il avait rendu d’éminents services, qu’elle fut confiée à la garde d’un méchant dragon qui ne dormait jamais. Quant à ce benêt de Jason, quelqu’un peut me dire ce qu’il a gagné à vaincre le susdit dragon et à ravir la Toison ? Tout ça, moi je vous le dis, ce n’est pas très clair…
D’ailleurs, la dernière fois que je croyais moi-même l’avoir trouvée, la Toison d’or, délicieusement portée (supposais-je à tort) par une vraie blonde je fus bien déçu : la vraie blonde en était effectivement une mais elle était épilée intégralement…
7. Le mot conquête évoque-t-il pour vous la quête du con ?
Vous avez de ces questions ! Je ne suis pas, ma réponse précédente vous l’explique en partie, un con de la quête ! Certes, j’aime le Jeu de Dames… C’est un jeu de conquête, où il faut prendre la dame de l’autre, mieux, se faire des dames à la queue leu leu, mais j’aime autant jouer à “chat”, à “chatte percée”, à “mont’la-dessus”…
8. Quelle est la caresse qui vous émeut le plus ?
Précisément, celle que l’on me prodigue (trop rarement je l’avoue) à l’aide d’une plume de “Dromaius novaehollandiae” qui, comme chacun le sait est un vague cousin de l’autruche et surtout du casoar… Je vous confie en exclusivité qu’il s’agit là d’un fantasme remontant à l’époque où je fréquentais une élève officier de Saint-Cyr. Caroline, car c’était elle, aimait se mettre en grand uniforme avant de se livrer à un strip-tease intégral à l’issue duquel, mutine, elle ne conservait que son “shako” dont le plumet venait fort agréablement chatouiller mes pectoraux tandis qu’elle me prodiguait quelque gâterie en s’agenouillant devant moi. Depuis, j’associe inconsciemment les effets de la fellation aux chatouillis du shako de Caroline et faute de casoar, la plume d’émeu m’émeut. Je précise toutefois qu’un défilé de Saint-Cyriens mâles ne me fait aucun effet…
9. En amour, vaut-il mieux un grand chemin ou un long parcours ?
Je suis un Eronaute au long cours… C’est tout dire !
Les grands chemins tout tracés m’ennuient un peu et je ne déteste pas les voies plus étroites. Mais bon, je n’en fais pas une habitude ! Les longs parcours offrent toujours beaucoup de loisirs et de variétés. On peut s’arrêter et reprendre la route, aller vite ou doucement, c’est selon. Il suffit d’être un peu endurant. Mais pour ça, ça va !
10. Et pour finir, quelle danse préférez-vous ?
Celle que vous voudrez bien m’accorder bientôt et que je danserai à votre rythme.










Leave a Reply