Interview Monsieur Vagant

Ses péchés capiteux ou la face de sa double vie se découvrent sur Extravagances. A moins qu’ils ne se cachent mieux ? Vagant raconte. Vagant écrit. Vagant dessine au fil de ses pages virtuelles un homme marié qui commet l’adultère avec passion et philosophie. Réalité ou fiction ? Le lire met l’eau à la bouche et la mouille au ventre. Le comprendre fait bander.

Avec humour, avec sérieux, avec finesse, Vagant se dévoile façon puzzle. Libre à vous d’en assembler les morceaux.

1. Votre pseudonyme semble vous définir comme un homme errant d’une femme à l’autre ? Aucune ne peut prétendre être votre port d’attache ?

Mon port d’attache, c’est ma femme, celle que je n’évoque jamais sur Extravagances, mais qui est toujours là et sur laquelle je peux compter lorsque la tempête fait rage. N’allez pas croire que je suis un navigateur au long cours, je ne suis qu’un caboteur qui rentre au port quand la mer est trop grosse et qu’on a mal au cœur.

2. J’aimerais que vous me donniez votre définition de in clito veritas.

L’expression n’est pas de moi mais d’une femme qui m’a aimé. Nous avions écrit ensemble cette petite nouvelle érotique dont elle avait trouvé le titre : in clito veritas. Bordelaise de souche, ou devrais-je dire de cépage, elle m’avait raconté qu’au fronton de la cave de son grand père viticulteur était gravée la fameuse maxime bachique « in vino veritas ».

Mon ivresse à moi, ce sont les femmes, le plaisir que je leur donne, et par conséquent l’ivresse de l’éphémère pouvoir que j’exerce alors sur elle. J’ai déjà développé ce dernier point dans le pouvoir du plaisir

3. Comment passe-t-on des forums féminins à son propre blog ?

Sur un coup de tête.

Je ne suis pas littéraire de formation, et tout ce qui n’était pas scientifique m’ennuyait profondément. J’ai commencé à écrire vers 33 ans, dans l’unique but de séduire. Les forums féminins sont devenus mon terrain d’expression favoris parce qu’ils étaient aussi mon terrain de chasse. Après quelques années et bien plus d’aventures, j’ai peu à peu lâché la proie pour l’ombre : au lieu d’écrire pour séduire, j’en étais à séduire pour écrire. J’ai d’ailleurs commencé la rédaction d’un roman avec lequel un blog pourrait entrer en synergie.

J’en pressentais néanmoins les nombreux écueils : Il me semblait d’abord impossible de raconter la face sombre de ma double vie, sans risquer d’en menacer l’équilibre précaire. Je reculais aussi devant la charge que cela risquait de représenter, sans parler des questions de forme. Sur ce dernier point, [nos liaisons dangereuses->http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/] m’a beaucoup inspiré et fut sans doute l’élément déclencheur.

En fin de compte, depuis que j’ai commencé Extravagances, mon roman est au point mort ! Je compte cependant relancer ce projet bientôt…

4. Vous ne cachez pas votre attrait pour le libertinage. Selon vous, qu’a de différent le libertin d’aujourd’hui avec celui du XVIIIe siècle ?

Le libertin du XVIIIème siècle s’inscrivait dans un mouvement philosophique visant la libération des mœurs, mais aussi celle de la pensée et du savoir du joug religieux de l’époque. Diderot en est un bon exemple. Aujourd’hui, nous sommes sous le joug de la science et du droit, avec en France une forte tendance matérialiste. La tyrannie du plaisir de Jean-Claude Guillebaud est éloquent à ce sujet. Les libertins d’aujourd’hui ne sont pas en opposition avec le cadre scientiste et légaliste actuel. Bien au contraire, leur matérialisme hédoniste s’y inscrit parfaitement. Plus libéraux que libertaires, ils ne sont que des hédonistes dont les échangistes forment un sous groupe.

Se libérer des cadres scientistes et légalistes, de ce prêt à penser, fait courir le risque de passer pour un illuminé ou un furieux rétrograde. Moi, je ne nie pas mon attrait pour les extravagances sexuelles que j’aimerais pourtant pouvoir vivre en accord avec la richesse intérieure d’une spiritualité chrétienne. C’est le type de question qu’un libertin devrait être libre de se poser au delà des à priori religieux ou matérialistes. Je ne sais pas si j’aurai le courage d’entamer un tel chantier « philosophique » sur mon blog jusqu’à présent plutôt « léger ».

5. Les liaisons dangereuses (Laclos), Les Egarements du cœur et de l’esprit (Crébillon), La Philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux (Sade)… Vicomte de Valmont, monsieur de Meilcour ou le Chevalier de Mirvel… Auquel vous identifieriez-vous ?

Je ne m’identifie à aucun d’entre eux même s’il m’arrive d’en emprunter certains caractères : J’aime les scenarii machiavéliques tels que celui vécu dans [équations à plusieurs inconnues->http://extravagances.blogspirit.com/tag/Equations+%C3%A0+plusieurs+inconnues] tout en respectant le libre arbitre de mes partenaires de jeu à la différence d’un Valmont ; Je peux adopter un comportement dominateur tel que celui décrit dans [de la domination->http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/02/27/de-la-domination.html] mais ce n’est qu’un rôle de composition à la différence d’un sadique Mirvel. Quant à Crébillon, je ne l’ai pas lu.

6. Si je vous dis sextoys…

Le beau sujet ! Mon premier était un vibromasseur acheté au hasard dans un sex-shop. Je l’offris à ma maîtresse Bordelaise lors de notre premier rendez-vous. Sur le coup, elle rit pour masquer sa gêne. Mais après avoir glissé ce gode dans sa vulve trempée d’excitation tout en lapant son clitoris en position de 69, elle lâcha en reprenant son souffle : « tu es un gang-bang à toi tout seul !». J’étais fier comme un poux.

J’aime les fantaisies sexuelles parce que je suis d’un naturel imaginatif, et le plaisir féminin qui m’accomplit en tant qu’homme. Le sex-toy est à la croisée de ces chemins voluptueux. Je ne le considère pas comme un palliatif au déclin de la virilité masculine comme l’avance Romain Gary dans Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable.

7. Domination et soumission. Oscillez-vous entre les deux selon la femme qui vous accompagne ?

Selon ses goûts mais aussi l’humeur du moment. Je ne me satisferais pas d’une relation exclusivement basée sur la domination ou sur la soumission. J’aime varier les plaisirs, les situations et les rôles. On en apprend alors beaucoup sur soi même et sur son partenaire, beaucoup plus que dans une sexualité sclérosée, cristallisée sur des jeux dont les rôles sont une fois pour toute distribués. Je n’envisagerais jamais de signer un quelconque pacte D/s qui grave dans le marbre une relation déséquilibrée.

8. Une question me brûle les lèvres : la présence de Jeanne ponctue vos notes ici ou là. Jeanne est-elle vraiment une seule et unique femme ?

Oui, il n’y a qu’une et une seule [Jeanne->http://extravagances.blogspirit.com/tag/jeanne]. J’avais expliqué cela dans [un prénom pour votre blog->http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/03/07/un-pr%C3%A9nom-pour-votre-blog.html]. J’ai beaucoup évoqué Jeanne parce que c’est avec elle que j’ai vécu ma liaison la plus durable, mais il y en a bien d’autres que je n’ai pas encore évoquées sur Extravagances

9. Vos extravagances sont aussi le témoin de vos préférences pour tel lieu de débauches ou tel autre. Que doit-il détenir en priorité pour vous plaire ?

En ce qui concerne les clubs libertins et assimilés, on peut passer successivement une soirée agréable et une soirée pitoyable dans un même lieu selon son propre état d’esprit et selon les gens croisés, trouvés, entremêlés (rayer les mentions inutiles). Je dirais donc que c’est surtout une question d’ambiance qui est par nature évanescente.
Quant aux autres endroits à dévoyer, j’avoue avoir un faible pour les salles de cinéma…

10. Outre votre forte animalité doublée d’une haute sensualité cérébrale, comment vivez-vous la jalousie qui vous surprend parfois sans crier gare ?

Mâle.

Ses Extravagances

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Cali Rise

No Responses to “Interview Monsieur Vagant”

  1. Spidercali a encore frappé :-)

  2. Spidercali… Ou Supercali(fragilisticexpialidocious), Mary Poppins, revue et corrigée! ;-)

  3. Moi ? Mary Poppins ? sourires

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