Interview Stefan De Lay

1- Et si vous me racontiez votre première fois ?

Qu’est ce que la première fois, sinon l’étonnement.

2- Vaut-il mieux parler la même langue ou savoir jouer de la langue ?

Dans cette société post-moderne où le mâle s’érige en image de ce que façonne de lui les médias, je pense que celui-ci s’attache à pouvoir jouer de la langue. En ce qui me concerne, je m’efforce de parler le langage de l’autre ; ce qui est à la base de la communication entre les êtres et fait cruellement défaut à notre époque. De la politique jusqu’à la cellule conjugale.

3- Que préférez-vous goûter ?

Le parfum de la paix intérieure.

4- Selon vous, coucher, ce n’est pas jouer ?

Coucher, c’est mettre au lit. On peut mettre son enfant au lit. On peut se mettre au lit. Seul ou avec quelqu’un. Auquel cas, on peut dormir ou faire l’amour. Dans ce cas, il y en a qui aiment jouer et d’autres préfèrent construire. Certains d’entre eux peuvent construire en jouant de temps à autres.

5- Est-il plus difficile de regarder sans toucher que de toucher sans voir ?

Les mal-voyants ont un sens du touché exceptionnel. Je ne les envie pas pour autant et je préfère garder la capacité de contempler.

6- Un bon coup pour vous, qu’est-ce que c’est ?

C’est gagner en une journée ce que, malheureusement d’autres mettent un mois à le gagner, et pouvoir emmener ma petite famille en voyage.

7- Etre amoureux et aimer. La différence réside-t-elle dans l’expression ?

Etre amoureux est aussi grégaire que l’état d’une troupe de chacals qui se trouve devant un superbe morceau de bidoche, et c’est reproduisible à l’infini. Aimer ne survient qu’une fois dans la vie.

8- Est-il plus facile d’être regardé sans être touché que d’être touché sans être vu ?

J’ai horreur que l’on me touche, excepté ma famille.

9- Vous mettez-vous plus aisément à nu que nu ?

Je peux me mettre à nu sans pour autant que l’on puisse y apercevoir l’ombre de ma peau. Etre nu ne regarde que ma famille.

10- Quel est le comble du cru ?

De rester beau.

11- Plus on éclaire, plus il fait sombre. Cela vous gêne ?

Je ne comprends pas cette question et n’y vois aucune parabole.

12- « Quand j’étais petit, je n’étais pas grand. Je montrais ma lune à tous les passants. Maman me disait « Veux-tu la cacher ! » Je lui répondais « Veux-tu l’embrasser ? » Cette comptine de cour d’écoles qui évoque des choses interdites vous choque-t-elle aujourd’hui plus qu’hier ?

Non. Je lui trouve l’expression de l’innocence.

13- Qu’évoque pour vous le mot couple ?

La tangente d’une perfection.

14- Quel(s) souvenir(s) évoque(nt) pour vous le mot « lit » ?

Le repos. L’endormissement. La lecture. L’enfouissement dans les bras de Morphée après l’amour.

15- Si j’écris le mot sexe au pluriel, il devient palindrome : sexes. La lettre « x » en devient le centre. Qu’y voyez-vous ?

Rien de plus qu’un palindrome.

Stefan De Lay, photographe Livre Woman of all sorts, Editions Secret

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Cali Rise

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