Secret story

“]Photo de [Lars Ihring->http://www.kunstakt.com/]

Photo de Lars Ihring

Les lampadaires filent dans la nuit noire. Leurs têtes jaunes éclairent parfois d’une lumière diffuse des scènes glauques. Alors elle tourne la tête et appuie son front contre la vitre. Encore quelques minutes de macadam sans le cow-boy et sa silhouette apparaîtra comme par enchantement sur le trottoir. Le bruit grignotant du clignotant résonne dans l’habitacle feutré. La berline ralentit. Il est là. Debout. Elancé. La cigarette au bout des doigts. Elle a toujours aimé sa façon si particulière de fumer. Cette manie qu’il a de tenir le clope à l’envers, la braise vers la paume. Comme pour se prouver qu’il était un homme. Un vrai. Son jean slim dépasse de son trench en cuir, son torse de sa chemise ouverte. Il n’est pas homme à s’habiller chez Zara. Tout est étudié, jusqu’à son sourire aux dents blanches.

La portière s’ouvre. Son odeur entre légèrement en décalé avec lui. Mélange de tabac blond, de cuir vieilli, et de son parfum, Secrétions magnifiques. Lady vengeance s’accroche à ses fragrances indociles. La pénombre se referme en claquant. Jambes écartées, le jeune homme renverse sa tête en arrière, écrasant ses cheveux gelés, paumes à plat sur la banquette arrière. Le véhicule glisse à nouveau sur l’asphalte.

L’air de la nuit chavire les idées closes. La femme respire le tout pendant encore quelques minutes acérées puis se contorsionne jusqu’à l’entrejambe masculin. Avec des gestes sûrs, elle ouvre la braguette et libère le sexe tendu. L’autre ne bouge pas. Ses lèvres se mussent sur les testicules encore amollis. Elle respire à plein poumon son odeur pendant que ses mains tirent vers le bas sur la ceinture du jean. Tout son bas-ventre est offert tel celui d’une pute.

Sans qu’aucun mot ne soit prononcé, sa langue s’active, cherche et retrouve les failles. Il ne dira rien. Ne gémira pas. Mais les frissons incontrôlables qui parcourent sa peau ne peuvent mentir. Il jouira et elle avalera son sperme.

A nouveau, la voiture noire stoppera sa course vagabonde. C’est elle qui descendra. Echevelée, la robe froissée, les genoux talés. La lumière crue des lampes de rue frappera son rimmel dégoulinant. Son make-up aura fondu. D’un geste nerveux, elle allumera une cigarette mentholée. Le chauffeur et son passager la suivront du regard quelques instants encore. Puis ses talons baiseront fièrement les trottoirs alors qu’elle regardera au loin la Seine couler.

 

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Cali Rise

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