Tableau 33

Ailleurs…

Alex était retourné à son appartement. Comme à son habitude, il attendait devant son écran. Le Requiem de Mozart passait en fond sonore. La porte d’entrée de son appartement s’ouvrit sur Igor.

- Gros problème : Sinclair est entré dans le système. Tout est fichu !

- Mais bordel, qui est ce type ?

- Visiblement quelqu’un d’important avec des appuis. Nous n’avons pas compris comment ni pourquoi. Quelle importance à cette heure ?

Igor portait un pantalon de cuir noir lacé, une chemise de prix. Il s’approcha de Lambrefault, posa sa main sur son épaule. Celui-ci la saisit et la porta à ses lèvres.

- Si tu t’occupais de moi ?

Il est temps, en effet.

- Déshabille-toi, Al, j’ai envie de jouer.

- Hmmmmmm je sens que je vais adorer…

Pas autant que moi.

Igor recula de quelques pas et attendit que son ami soit entièrement nu. Il saisit alors un bandeau et le bâillonna. L’autre, le laissait faire, le regardant avec des yeux énamourés. Son excitation était visible.

- Viens par ici, Al. Que je te vois en pleine lumière.

Docile, Lambrefault se leva. Igor L’allongea et lui passa des menottes aux poignets et aux chevilles. L’autre ne se débattait toujours pas. Alors il parla :

- Tu vois ce que j’ai dans la main, Al ? Avec ce couteau, je vais te faire des coupures un peu partout sur le corps et sur le visage. Tu vas saigner. Doucement. Pas assez pour te vider mais suffisamment pour les allécher…

Alex commençait à donner des signes d’inquiétude. De la sueur perlait à son front. Ses beaux yeux bougeaient en tout sens.

Il joue… Je crois qu’il joue. Non, JE SUIS SUR QU’IL JOUE…

Igor commença à le larder de coups de couteau méthodiquement : de fines entailles sur son beau visage, sur son cou, sur son torse, sur son ventre, sur ses cuisses, à l’intérieur de ses cuisses, sur ses mollets. Le sang s’écoulait lentement, tachant le joli tapis de cachemire. La chaîne qui reliait les deux paires de menottes l’empêchait de se débattre, le clouait au sol. Ses yeux étaient maintenant emplis d’effroi.

- Tu ne bandes plus, Al ?… Tu ne sais pas la meilleure ? Je n’éprouve rien ! Pourtant, j’attends ce moment depuis si longtemps ! Dans un instant, je vais lâcher les premiers. Une petite centaine… En laissant la fenêtre ouverte, d’autres vont venir. Leurs petits cris d’extase vont les prévenir. Tu veux savoir ce que je vais libérer, Al ? Ne t’inquiète pas ! Aux premières morsures, tu comprendras…

Igor se mit à rire aux éclats.

- Ne fais pas cette tête, Al ! Tu as dit toi-même tout à l’heure que tu n’existais pas…Tu pensais peut-être que je ne savais pas pour tes empreintes digitales ? Tu croyais me connaître, Alex… Ta confiance aveugle… Ecoute ! Ecoute cette histoire… J’avais une sœur… Une très jolie fille… Rousse… Peau de lait… Yeux émeraude… Loukia… 17 ans… Hanovre… Tu te rappelles ? Tu l’as tellement massacrée que j’ai eu de la peine à la reconnaître. Les flics sont venus me chercher pour que je l’identifie. Elle s’est défenestrée après que tu l’as violée. J’ai attendu patiemment mon heure, Al… Comme un chat guettant sa proie… L’heure est enfin venue, Al… Adieu !… Même le Diable ne voudra pas de toi !

Mozart jouait toujours son Requiem lorsqu’il lâcha les premiers. Alex entendit de petits cliquètements sur le carrelage. Il voulut hurler. Aux premières morsures, il se cabra. Les bêtes l’attaquaient de partout, attirées par le sang.

Igor recula vers la fenêtre et l’entrouvrit. Il jeta un dernier coup d’œil sur le sordide spectacle et sortit de l’appartement.

Arrivé sur le trottoir, il leva les yeux vers l’étage. Les autres commençaient à arriver.

Les bêtes les plus intelligentes que la Terre ait engendrées.

Il saisit son portable, composa le numéro.

- C’est moi ! C’est fait.

Sa silhouette disparut bientôt dans la nuit. Des chats, impassibles, regardaient cet étrange ballet. Subjugués.

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Cali Rise

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