When a man loves woman…
Photographie de Stefan de Lay
Le soleil caressait encore haut les toits de la ville respirant derrière les grands arbres. Les cris des petits garçons disputant une partie de football claquaient dans l’air tiède par vagues successives. Elle tentait de poursuivre sa lecture sans grand succès. Des pas sur l’allée gravillonnée lui firent lever la tête. Majestueux, un homme avançait. Deux petites filles gambadaient à ses côtés. Instinctivement, la jeune femme passa une main dans ses cheveux. Réajusta rapidement les volants de sa jupe en se trémoussant sur le banc. Il croisa son regard et s’en amusa d’un sourire narquois.
Etait-ce lui ? Oui, cela ne pouvait être que lui ! Mais alors… qui étaient donc ces deux petites et pourquoi les avoir amenées avec lui ?
Les gamines sautaient à pieds joints dans le bac à sable sous les yeux de l’homme qui s’était assis sur l’herbe, non loin d’elles. Il fumait, les yeux ailleurs. Au gré du vent, elle recevait l’odeur de sa cigarette ou celle des lavandes papillons. A ces effluences, s’en mêlaient d’autres qu’elle n’arrivait pas tout à fait à définir. Mais elles la mettaient au supplice. Le toucher. Balader ses mains sur le corps de cet inconnu, voilà ce dont elle avait envie. C’était violent. Primaire.
M’approcher et m’accroupir, face à lui. Saisir son visage et lécher sa peau. M’enivrer de son goût. Balader ma langue pointue sur ses tempes, ses paupières, descendre vers ses lèvres… Elle était certaine que c’était avec lui qu’elle avait rendez-vous. Ce ne pouvait pas être un autre homme. Cette silhouette… Un vrai animal indomptable…
Les deux fillettes étaient revenues vers lui, les joues rouges d’excitation. Il les écoutait calmement, leur répondait d’une voix grave. Elles s’étaient éloignées vers le toboggan. Lentement, il tourna son visage vers le banc où elle se tenait, haletante. Son sourire ravagea son cœur alors que ses yeux couraient sur ses chevilles, remontaient hardiment jusqu’à ses cuisses, écartaient le tissu fin qui cachait sa gorge.
S’il vient vers moi, je le suce… Il va venir. Oui, il va venir. Il s’assoira sur le banc, je grimperai sur ses cuisses et je le baiserai au milieu de ce parc… Il…
Elle ouvrit les yeux et il était tout près d’elle, le tissu de son pantalon de toile frôlait ses jambes nues. Elle en frissonna.
- Vous êtes belle.
Ce fut tout. Sans ajouter un mot, il se retourna et de sa démarche féline partit retrouver ses filles.






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