Les jouets

Photo de Aeric Meredith-Goujon photographie de Aeric Meredith-Goujon

 

Toi et moi, c’est une communion indivisible qui nous lie et nous relit de mots en corps. Nous nous attirons tels des papillons colorés de leurs plus beaux atours s’enivrent du nectar doré des fleurs les plus rares.

La parade baiseuse tourne à la corrida rouge désir, les banderilles se plantent à chaque fantasme dévoilé, la danse s’enivre de nos attouchements à la fois lubriques et timides. Joueurs de luttes odorantes, nous reculons pour mieux nous observer, reprenant nos souffles assoiffés au bord du précipice. Et tu m’inocules ton vice le plus pur. Et je t’injecte mon stupre le plus caché.

Poupées toupies, nous ricochons l’un contre l’autre pour mieux nous plaquer aux murs de nos envies. C’est dans nos yeux que nous redécouvrons nos racines les plus profondes, ces émois primaires qui nous éclatent et le cœur et le cul.

Les vagues de jouissance nous collent à la bouche, nous décollent la raison. La bave aux lèvres, les sexes tendus et durs, nous redevenons animâles. L’oraison éjaculatoire de nos amours des feintes retentit claire et forte. Et je m’enfonce en toi jusqu’à me perdre dans tes entrailles qui m’aspirent dans un bruit de succion démoniaque. Et tu plonges en moi profondément dans des glougloutements retentissants de source chaude et crémeuse. Nos souffles se confondent, nos regards se soudent. C’est un jeu hors de tout. C’est un magnétisme dont Faraday ignorait l’existence.

Joujoux jolis nous pliant aux demandes de l’autre avec grâce, nous appliquons notre loi en rejetant les conventions sociales, violant les tabous, avançant sur la corde raide et souple de notre soif de sexe. Et toujours la porte reste ouverte.

Et je me ferais teindre en brune si tu me le demandais. Et tu porterais des voiles de dentelles cramoisies si je te le demandais.

 

 

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Cali Rise

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