Pluie dorée

Photo de Aeric Meredith-Goujonphotographie de Aeric Meredith-Goujon

Ils rient, complices, et se glissent dans l’ascenseur. L’homme se jette sur sa bouche, glisse la main dans son décolleté, empoigne son sein. Vorace. La voix gorgée de sourires et de désirs, elle lui fait remarquer que les portes de la cabine ne sont pas encore refermées. D’un geste vif, il réagit et enfouit aussitôt ses doigts entre ses cuisses, sous sa robe, fourrageant sa langue entre ses lèvres. Le string est écarté, son esprit ravagé. Ils sortent. Lui menant la marche, la guidant vers la chambre en la tenant par le mince morceau de tissu très humide.

La porte de leur chambre est refermée sur l’extérieur. La femme jette son sac sur le lit, son manteau sur un fauteuil, un vague regard sur la rue bruyante, voilée par un rideau pâle et banal. Il revient vers elle, la dépasse pour fermer les battants. Tire aussi les tentures lourdes pour mieux les isoler du reste du monde.

Elle profite de ces instants pour commencer à le déshabiller. Depuis de longues minutes maintenant, ses sens réclament de le voir nu. De le toucher. De le manger. Il la freine, la pousse sur le lit. Il veut voir son cul. Il veut qu’elle se cambre, qu’elle danse de la croupe à quatre pattes sur le lit, la robe relevée. Qu’elle écarte ses fesses jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus d’envie.

Alors elle joue. Elle lui offre un spectacle animal, écartant la dentelle, enfonçant ses doigts dans cet anus qui se dilate. Alors il se jette sur elle. Enfouit son visage entre ses chairs, les mouille de sa salive. Y enfonce sa langue et ses doigts. A quel moment se retrouvent-ils entièrement nus, lui plaqué au mur, elle dans son dos, son majeur dans son cul, la main sur sa queue roide ? A quelle minute précise entrent-ils dans la salle d’eau ? Est-ce avant qu’elle le chevauche, le corps révulsé vers l’arrière, réunis par leur transe sexuelle ? Est-ce après qu’il l’aura enculée la poussant de ses coups de reins jusqu’à ce que sa tête et ses bras tombent en dehors du lit ?

La lumière est blanche. Crue. L’eau s’écoule, chaude et musicale. Les gestes deviennent doux. Timides. Si intimes. Leurs bouches sont molles, leurs souffles rauques. Il la cajole, attentif et tendre. Ensemble, ils s’accroupissent dans la baignoire. Il l’arrose. Elle lui sourit soudain presque apeurée. Il l’encourage à se relever en lui murmurant doucement qu’elle peut le faire. Si doucement. Elle reste debout entre le carrelage blanc, s’appuie au mur, perdue. Lui s’assoit entre ses jambes, étendant les siennes. Ses mains l’effleurent. Remontent. Descendent. Frôlent son sexe humide et gras. Sa langue devient velours et coupe large. Il est comme recueilli, attendant le miracle. Lors, elle se cramponne fortement à sa chevelure y puisant sa force, s’isole en elle en fermant les yeux. S’enfonce, s’enfonce. Loin, là-bas. Elle ne doit plus penser à ses caresses qui l’ensorcellent. A sa peau qui la damne. A son cul qu’elle… A sa queue qu’il… Elle doit l’oublier. L’oublier. Elle doit s’oublier. S’oublier pour mieux s’unir à lui.

Quant à nouveau elle le regarde, il boit la fine pluie dorée. Il lape en gémissant, mélangeant tous ses liquides. Leurs yeux s’inondent d’un plaisir nouveau. Ils se sourient et savourent l’union limpide. Et puis, son amant se redresse, se colle à elle et l’embrasse amoureusement. La remercie lèvres contre lèvres, yeux dans les yeux.

Le temps suspendu reprend son vol et eux entrent à nouveau dans une autre danse. Toujours aussi affamés. Affamés et libres.

About the Author

Cali Rise

No Responses to “Pluie dorée”

  1. Fantasme d’un amour entier et sans limite ?
    Plaisir de la transgression ? de la provocation ? ou de provoquer la transgression…
    Ou bien tout simplement hymne à la liberté.
    sourires

    Titre peut être trop évocateur, dirigiste

Leave a Reply

Les tags XHTML sont autorisés: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <blockquote cite=""> <code> <em> <strong>