Thierry Brun vit et travaille à Paris. Il est l’auteur de Surhumain. La ligne de tir sort le 24 mai 2012. Extrait Un matin, alors que Jade prenait son petit déjeuner sur la terrasse, son compagnon de villégiature apparut, nu, le visage marqué par la douleur et par la peur. Un jeune homme à l’œil droit maquillé, à [...]

American repugnances, cauchemar ou rêve américain ?

Anatole Parthes, ancien conseiller de Jack Lang a quitté la France pour devenir joueur de poker professionnel aux Etats-Unis. Depuis la fin des années 90, il erre entre Los Angeles, Chicago, Tampa et Las Vegas. American repugnances est son deuxième roman. Bien que la vision du personnage principal sur les Etats-Unis soit totalement partiale et obsessionnelle, le regard de l’auteur est bien réel. Et c’est bien ce qui met quelque part mal à l’aise.

Résumé :

Jean-Luc quitte la France pour les Etats-Unis où il va retrouver la belle et riche Pamela qu’il vient de séduire dans une boîte de nuit. Tout son espoir des premiers jours disparaît bien vite pour laisser la place à un profond dégoût, une colère grandissante envers ces américains dépourvus de substances. La vie à Chicago le déprime. Il s’enferme dans sa solitude jusqu’à ce que les attentats du 11 septembre le réveillent. Fasciné par ces images de violence et de morts qui ne cessent de défiler sur les écrans télé, Jean-Luc reprend goût à la vie. Et finit par rencontrer un groupe de français dont la principale occupation est de médire des américains, de les humilier, de les torturer. En même temps qu’il découvre la Casbah, lieu de perditions, il découvre son rêve américain.

Au travers de la vie d’un gigolo français expatrié à Chicago, Parthes dresse un portrait de ces Américains si lisses, si creux, quasiment lobotomisés. Les filles sont toutes blondes, ont toutes une poitrine refaite, s’expriment avec une voix de canard ; les hommes ont tous le cou gras, participent à la conversation uniquement s’il s’agit de football américain ou de base-ball. Les obèses sont légions et ne pensent qu’à s’empiffrer. Les Américains se promènent toujours avec des lunettes de soleil pour ne pas croiser un seul regard. Les Américains vivent dans des appartements climatisés et n’ouvrent jamais une fenêtre. Les Américains ferment toujours leurs portes à clé. Les Américains ne parlent jamais de sexe. Les Américains adorent la France et les Français, surtout Paris. Paris et ses restaurants aux petits plats exquis, Paris et ses quartiers si typiques. Mais les Américains ne mangent pas de viande saignante ni de poissons entiers, encore moins des anchois ou des fromages coulants. Bref, les Américains sont fades et inexistants.

Tout cela, Anatole Parthes nous le raconte avec bonheur. Il jouit de son roman. Ses descriptions sont charnelles, sensuelles. Tant et si bien que la crudité de ses mots en devient voluptueuse. Et au final, il faut bien reconnaître que ses personnages glacés et glacials finissent par être très attachants, obsédants. Mais faut-il pour autant en déduire que la seule alternative au vide et à l’indifférence est la violence ? A vous de voir. A vous de lire.

American repugnances, Anatole Parthes, Editons Blanche 240 pages 18 €

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Cali Rise

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