Intérieurs nuit

Photo de Aeric Meredith-Goujon photographie de Aeric Meredith-Goujon

 

Elle surgit violemment. Sourdant en plein dedans mon ventre. Elle pulse, swingue et se diffuse jusqu’à éclater de mille feux colorés dedans ma tête. A ces instants, je sais que tu es là. Quelque part.

Pulse. Pulsion. Polka. Piquée. Dardée. Une danse de scorpions à la queue lubrifiée. Tu souris. De ta bouche et de tes yeux. De tes mains aussi.

Electrochocs. Entrechats. Entreponts. Entrelacs. Entrevues. Entre-temps. Entre nous. Tu es mon entre-deux de dentelles rouges. Mon secret d’entrecuisse. Mon taxi-girl.

Et je m’approche de l’un. J’avance vers l’autre. Tu es fantôme sous ta pelisse. Je les regarde me sourire. Je te dédie les miens. Et même tous mes éclats de voix.

Je baise ses lèvres, entortille ma langue à la sienne, enjambe sa taille. Amazone. Et cruelle, je l’abandonne. A cru. Une autre fois. Peut-être.

Je t’ai regardé sourire. Tu m’as parlé de la vie. Maintenant, je ne veux pas m’endormir. Je veux. Toi. Je te veux toi. Tout simplement. Que tu t’abandonnes encore une fois. Et que tu m’abandonnes encore une fois. Pendant que le chat court les mers, la souris danse et ensorcèle. Et Marc chante « *Je l’ai regardée sourire Elle m’a parlé de sa vie Maintenant je peux m’endormir Une nuit sur son épaule ». Et Véronique chante « *Je le veux calme et tranquille Je le veux tout simplement Je voudrais qu’il s’abandonne Une nuit sur mon épaule »

Certaines nuits sont des jours bien plus beaux que leurs rêves les plus fous. Des guipures aériennes. Des rendez-vous. Dans un an. Dans un jour. « Et tu les aimes mes fesses ? » « Tais-toi. Parce que là, tu dois la fermer et écarter ta chatte et gueuler dans les draps. » A ce moment-là, je sais tes yeux qui basculent en avant, tes maxillaires qui se contractent. A ce moment-là, je sais ta queue verticale. Je sais que tu n’entends plus rien… « Parce qu’à ce moment-là, il faut que je lime, que je me branle dans ton sexe… » Je souris à ta vulgarité soudaine. Sais-tu, mon athlète du sexe sublimé, sais-tu que tu es la pire des catins ? De là où je suis, je t’embrasse tout doux. Je te souhaite de délicieux instants. Je te donne sans te le dire. Je sais la violence de ton regard. « *Et voilà. Tout simplement. »

* Paroles extraites de Une nuit sur son épaule, Véronique Sanson

 

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Cali Rise

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