Le désir de Pygmalion
Des paysages immenses et des rivages reculés que nous n’atteindrons que le dos couverts d’écume, la bave aux lèvres.
Des parfums oubliés et des odeurs nouvelles que nous sentirons les narines dilatées, les sexes bandés.
Par-delà moi, je t’emmènerai… là-bas. Une fois. Une seule. Unique et pure.
Je te guiderai de mots choisis, d’images troublantes. Nos craintes, peaux de soi, tomberont au sol, une à une, en douceur.
Patience est Mère de tous les jeux.
Homme mâle, je te sais curieux. Joueur.
Tu tires les ficelles. Je marionnette.
Par défi, je te ferai fille. Pisseuse aux pieds nus. Gourgandine à la croupe cambrée. Provocante et juteuse.
Tu sortiras tes griffes. Tu mordras. Sauvage. Belle et sauvage. Je te voudrai ainsi.
Pour un jour. Ou une nuit. Je deviendrai ton roi.
Abuserai. Insisterai. Ordonnerai.
L’univers réduit à quatre murs tendus de luxure s’ouvrira sur de nouvelles couleurs. Des lumières décibels nourries de nos hurlements de fous devenus sages. Les trous des serrures seront graissés. Les liens aux chevilles, au cou, aux poignets, serrés. Les talons aiguilles, les dentelles soyeuses et rouges, le rouge aux lèvres comme le rouge aux joues seront de rigueur.
Retournée, accolée, matée, tu rouleras du cul. Toi, mon éveilleur. Ma cruelle attirance.






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