Les yo-yo aux miroirs

Photo de Aeric Meredith-Goujon
photographie de Aeric Meredith-Goujon

 

Quand, les yeux fermés, en une journée d’automne, j’écoute ton message archivé, je vois s’ouvrir cette chambre… Passé le sourire et le « … , j’aime ta voix. J’aime tomber sur ton répondeur… », je sais que tu vas culbuter. Quand tu vas chavirer. Que tes mots empreints de sexe vont me ravager.

Je t’écoute haleter, haletant. Ta voix rugit des images qui se collent à mes rétines. Je te regarde. Je la regarde. Je nous regarde. Des queues et des culs qui ne savent plus à quel sexe se vouer. Des êtres qui jouent avec leurs corps transcendés. Mi-hommes. Mi-femmes. Nous deviendrons harpies, nous battant pour la sucer. Nos langues caresseront ce bord, juste au niveau du gland. Nous l’engloutirons à tour de rôles dans des lapements de louves hystériques. Nous lui tendrons nos croupes, affamées… Et je me jette dans ta gueule, t’abandonnant son sexe pour mieux te prendre, offert et tendu. Et je t’entends… Tu gueules, tu gémis, tu jouis. J’en ai le souffle coupé.

Quand, les yeux fermés, en une journée d’automne, je coupe ce téléphone, je découvre avec une délectation certaine la délicieuse impression d’être tenue. Je m’offre à toi dans mes plus grands vices. Je deviens exigeante, sexuellement droguée par toutes ces perversions. Je suis animée par toi, mon loin-voyant. Tu sais aller jusqu’au bout du plaisir de jouer. Je suis devenue toi. Plus vicieuse encore car tu m’apprends la débauche. Tu es indispensable derrière cette porte. Tu vas tout voir dans ces miroirs. Tu es si intense. Tu es mon diable qui me fait frissonner. Nous, c’est une sorcellerie à ne pas mettre entre toutes les mains. « Tu voulais quelque chose de particulier ? » « Oui, je te cherche, je n’en peux plus de cette envie, de cette sève bouillante qui m’étouffe, tu es mon homme, mon bourreau délicieux, cette femme si habile avec le sexe et ses gouffres. »

Quand, les yeux fermés, en une journée d’automne, je repose ce téléphone, je sais que ce courant hot tensions va mourir pour laisser place à quelque chose de plus doux. De moins violent. Nous sommes des yo-yo. Des yo-yo luxueux et secrets. Deux fauves qui s’observent en miroir. Nous exsuderons du plaisir de tous nos personnages dans cette dernière chambre. Elle deviendra close ensuite, laissant place à un apprentissage de nous différent. Irrésistiblement.

*Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne, je respire l’odeur de ta présence chaleureuse, je me sens en force. Parfaitement bien. Un jour prochain, les eaux seront plus calmes. Un jour prochain, nous nous dirons adieu sexuellement. Et tiens ta langue jusqu’à toujours…

*Extrait de Parfum exotique de Charles Baudelaire

 

 

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Cali Rise

No Responses to “Les yo-yo aux miroirs”

  1. Merci pour partager , j’aime ton approche du 360

  2. Merci. Vous n’avez pas la notion du partage, vu votre volonté de rester anonyme… sourire.

  3. Des photos et des textes si pleins de vérité que plutot que de se sentir choqué ou perturbé, on se sent agréablement rassuré.

    Une très belle plume que vous avez là, mademoiselle… =)

    Merci pour tous ces jolis mots…

    L.

  4. Vous me voyez rassurée de ne pas vous savoir choqué ou perturbé. ;-) Merci pour votre visite commentée…

  5. Capter et partager des instants de vie. Une mission. Elle vous réussit.

  6. J’hésite à vous répondre “Appelez-moi soeur Cali…” ou à réclamer auprès d’Adecco. Sans doute une histoire d’alchimie et d’alchimistes…

  7. Comment fais-tu pour toujours éveiller en nous ces désirs ?
    Belle écriture.
    Merci !

  8. Comment faites-vous pour toujours avoir envie de me lire ? ;-) Belle journée à toi.

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