Anus dei, songe en alcôve majeur

Photo de Aeric Meredith-Goujon photographie de Aeric Meredith-Goujon

 

Un temple aux pierres grises et à l’apparence grecque abrite des corps alanguis mais voyeurs.

Des eaux fumantes frémissent en musicales comédies. Ici et là, des épaules puissantes ou efféminées luisent tout en souplesse. Des éponges nacrées répercutent une lumière bleue, chatoyante et mouvante. Bleu, comme l’enfer du paradis.

Des femmes vont et viennent des bassins aux fauteuils, des douches au bar, de corps en corps. Véritable ballet lascif.

Des sons longs lancinants et gras suintent sur les murs d’une artère sombre. Des portes se referment rendant des passages interdits. Des regards féminins invitent, sourient et défient les ardeurs excessives. Ces femmes-là dévisagent avec minutie les êtres et contemplent déjà leurs secrets les plus intimes.

Les queues flottent dans les bains. Ça sent l’orange Pera, l’huile d’Argan, le miel du Pélopponèse, le patchouli d’Indonésie. La vanille. La rose. L’ylang-ylang. La mouille.

Le sol pavé et glissant oblige à évoluer avec grâce et sensualité. Tout se contrôle de l’intérieur.

Les corps chuchotent. Réclament. Savourent la nudité. La liberté. Le sexe. J’en tremble. Je sais ta virilité qui gronde et ton cul qui frissonne. Tu redeviens Alexandre, ce mâle animal. Celui que je baise en secret. Je redeviens ce fauve joueur et sauvage. Et par toi seul apprivoisé.

Dans un recoin ténébreux, je m’assois sur une grosse pierre. Debout entres mes jambes écartées, tu me baises le visage. Ta queue sans gêne remue dans ma bouche. Je hurle sourd. Ce plaisir carcéral m’étouffe. Il me rend dingue. Tu me rends dingue. J’agrippe tes fesses, les écarte. Je t’avale en laissant échapper des bruits de succions furieux de sorties et de viols. Tu deviens brutal. Tes mains saisissent mes cheveux et tu fais danser ma tête autour de ta raideur impudique. Rouge de chaleurs, je remarque qu’ils sont sept autour de nous. Sept à reluquer notre gourmandise. Plus je les regarde, plus je me fais suceuse. Inspirée. Aspirante. Je t’entraîne dans un bassin un peu plus loin.

Nous nous immergeons dans les bulles chaudes qui aveuglent. Nos corps y disparaissent. Nos envies y rugissent. Y éclatent. Ta verge s’épaissit. Je deviens brutale à mon tour. Je te branle l’anus. J’aime tenir ton plaisir. J’en bande. Je t’aime. Tes yeux crient de l’intérieur. Ils déglutissent ta jouissance. Tu salives dans ma bouche. J’avale. Je lèche ton visage à grands coups de langue. Mords tes lèvres. Et d’un coup, tu quittes ce bain. Tu m’abandonnes… En me serrant le poignet, tu me demandes de te rejoindre dans cinq minutes. Mes yeux sont éclairs. Ton sourire diabolique. Dominateur. Je te regarde gravir l’échelle. J’admire ton joli cul. Je sais que tu vas la rejoindre. Je sais qu’elle t’attend, les cuisses ouvertes, le sexe tendu et raide. Mes yeux glissent sur ces hommes qui me matent. Qui me violent de leurs regards concupiscents. Qui tendent leurs sexes avides. Qui se rapprochent doucement. J’ai tant d’envies… J’ai tellement d’envies… Je sue le sexe à pleine peau. Je… Toi… Je ne veux que toi.

Je respire par goulées hachées. Le chlore des fines gouttelettes giclées me brûlent les yeux. A demi-aveuglée, le ventre en feu, je me lève. Un des mateurs me regarde sortir des eaux. Ruisselante. Qu’il crève ! Je m’habille avec une lenteur éhontée. Le peignoir est blanc. Immaculé. Je le serre pudiquement autour de ma taille et me dirige vers le lieu où je sais te trouver.

Quand je pousse la porte, je ne vois que ta croupe ondoyante. Je sais ton anus palpiter. Supplier. Tu as la bouche pleine de sa queue et tu n’attends que moi. J’en jubile.

Tu m’entends approcher. Je t’observe la sucer goulûment. Goinfre. Tu suces. Tu roules du cul. Catin. Tu l’avales entièrement. J’attends encore. Juste pour t’entendre mentalement m’implorer. Oh oui, implore-moi encore ! Encore, encore et encore. Et je m’engouffre dans ton cul, lui faisant sucer mes doigts. Tu adores. Tu baves en flots dégoulinants. Tu gémis rauque. Alors, l’envie de te sucer me pulvérise. Eclair blanc. Te téter. Te téter. Téter cette queue diminuée et amollie par ma sodomie ravageuse. Mais te téter. Téter ton gland comme une tétine de chair. Te téter…

Je t’attire dans une cabine de douche. Sous l’eau qui ruissèle sur nos deux corps, je suçote ta queue devenue si sensible. Ton sperme arrive en jets laiteux et continus. Je savoure son goût. Unique. M’enivrant de son parfum suave et impertinent. Tu me repousses pour te vautrer contre le mur carrelé, me tendant exagérément ton cul ouvert. Tu réclames à nouveau mes doigts. Je t’en enfile trois, les agite frénétiquement jusqu’à ce que l’envie de me pisser sur la langue te prenne. Oui… Oui… Pisse ce liquide pamplemousse… Et c’est tout mon être qui palpite… Qui entre en transe. Je veux que ta queue m’envahisse. Qu’elle me dévore le con. Qu’elle le lustre, l’emplisse et le secoue. Je veux que tu m’ouvres. Me transperce de part en part. M’encule de bout en bout. Je veux… Que tu me pourfendes. Tu sais. Tu souris…

 

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Cali Rise

No Responses to “Anus dei, songe en alcôve majeur”

  1. Cali, une question je peux? … avez-vous lu “Méphistophéla” de Catulle Mendès ?

  2. J’ai toujours apprécié les anonymes qui répondent aux questions avant d’y avoir été invités… sourires.

    De Mendès, je ne connais que ses filles peintes par Auguste Renoir et je crois me souvenir qu’il a fait partie du Parnasse avec de Lisle, de Banville et de Heredia et d’autres encore… Que raconte Méphistophéla ?

  3. Alors je vous laisse le lire si vous le voulez bien

  4. Si vous me l’offrez, je le lirai…

  5. :) en recopiant chaque page du livre dans la rubrique “répondre à ce message”? …

  6. Cela risquerait de devenir fastidieux mais c’est vous qui voyez… ;-) Vous pouvez aussi me recopier chaque page dans un courriel. Logiquement, vous pouvez me contacter. Plus sérieusement, si vous m’écrivez, vous obtiendrez une adresse postale et, ainsi, vous pourrez m’expédiez ce livre que vous tenez tant à me faire lire. Qu’en dites-vous ? sourires

  7. NOM D’UNE BOUILLOIRE ÉLECTRONIQUE, CE QUE J’AIMERAIS POUVOIR GOÛTER TON THÉ !!!

  8. A ne pas glisser entre toutes les lèvres… sourires

  9. ” Tout se contrôle de l’intérieur. ”

    Yes !

    Ici, on peut convoquer Rimbaud et son ” dérèglement raisonné de tous les sens “…

  10. Une véritable saison en enfer ? sourires

  11. Merci pour vos beaux textes, Cali.
    Méphistophéla existe en Format Pdf, que je peux vous envoyer si vous le souhaitez, où vous l’offir si je le trouve car ce doit être une rareté… ;-)

  12. Merci de me lire.

    Pour le reste, j’avoue franchement que je préfère lire les livres papier… Faites comme il vous plaira !

  13. c’est génial ce texte.
    brutal cru grossier obscène, mais génial. souvent ça tourne au ridicule, ce genre de description, mais là c’est bien écrit et surtout ça transpire le désir sans fard ni exagération. excessivement bandant.

  14. Génial est excessif assurément… sourires

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