Indiana Club

 

Photo de Aeric Meredith-GoujonParis Est, terminus de ce train. Tous les voyageurs sont invités à descendre du train. Assurez-vous… La voix continuait à donner des conseils qu’elle était déjà en dehors du wagon. Paris. Encore. Toujours. Des hommes et des femmes se pressaient vers la sortie en traînant d’énormes valises à roulettes. Foire humaine. Certains avaient quelqu’un qui les attendait en bout du quai en se tordant le cou. Le sourire émail diamant en cicatrice clignotante.

Cette fois, il n’était pas assis sur le banc. Elle traversa le hall. Puis la salle d’attente où des pigeons picoraient des miettes de sandwiches mangés à la va-vite. Et pendant ce temps-là, d’autres achetaient leur billet.

Devant la gare, les travaux n’étaient pas encore terminés. On avait prévu plusieurs aménagements dont une promenade plantée et une dalle jardin. Un projet de longue haleine victime d’un architecte à la tête dans les étoiles sans doute. Elle pesta intérieurement. A croire qu’ils ne pensaient pas aux talons hauts ! Poursuivie par la foule, elle traversa la rue du 8 mai 1945. Avec un sourire doux, le gérant de l’Indiana Club lui ouvrit la porte. Dans le coin à gauche de l’entrée, sa table habituelle l’attendait.

- Un thé citron, s’il vous plaît. Et un croissant ! Merci.

En fouillant dans son sac pour sortir son carnet et ses stylos, un livre, un paquet de Marlboro menthe, elle retrouva son téléphone portable. Un message… Tu n’as pas Internet aujourd’hui ? Je suis déchaîné du cul. Tu es où ? Elle pouffa. Elle adorait ses envies impérieuses qui rivalisaient avec les siennes.

Une serveuse aux cheveux noirs et à l’accent café brésilien lui apportait sa commande. Croisant et décroisant les jambes, elle alluma une cigarette avant de taper sa réponse. A la table voisine, un sourire carnassier se perdait sur ses bas, caressait ses chevilles et remontait en prenant son temps. Je suis à Paris. Pour deux jours. Une gorgée et un croisement de regards aiguisés plus tard, sa réponse arrivait en vibrant. Ça te dit de me baiser contre le mur dans les toilettes ? Et de te faire bouffer… ? Son vis-à-vis la dévisageait sans vergogne. Amusé. Avait-elle rougi ?

 

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Cali Rise

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