Miroir Ô Miroir
photographie de Aeric Meredith-Goujon
Il avait dit « Je suis prête. »
Elle avait souri.
Il lui avait dit « Maintenant. Trouve-la ! Trouve-le ! Pour moi. Pour nous. »
A nouveau, elle avait souri.
Et la chasse avait commencé. Ses trophées, elle lui rapportait. Pour un peu, elle en aurait remué la queue. Il regardait ses présents. Donnait son avis. Clamait ses envies.
D’heure en heure, elle affinait ses recherches. Ciblait ses proies potentielles. Et toujours, il dirigeait d’une main ferme. D’un sourire aguicheur.
Il avait répété « Je veux une queue épaisse. A sucer. A sucer à deux. Je veux des fesses rebondies… Rien que d’y penser, je me cambre… Je mouille… Je bande… »
Et toujours, elle souriait. « Je suis ta chienne de chasse qui rapporte à son maître. Un autre jour, nous chasserons à deux. Et nous ne ferons pas que mater. »
Ils rivalisaient d’espièglerie. Caressant la face cachée de l’autre. Etonnés de cette similitude. Attentifs aux barrières. Respectueux. Ce n’était pas de l’amour. Juste une parfaite entente sexuelle. Leurs jeux.
Quand elle saisirait le téléphone, quand elle aurait cette voix au timbre grave qui répondrait à la sienne, elle expliquerait leur fantasme. Elle définirait les règles. Leurs règles. Elle raconterait ce cadeau qu’elle offrait à son amant. Cet homme qui voulait basculer de l’autre côté. Avec elle. Avec elle et cette merveilleuse créature.
Le scénario était limpide. Il les attendrait dans une chambre d’hôtel. Elle gravirait les escaliers avec cet être du troisième sexe.
« Tu seras surprise de mon apparence. »
Elle sentait déjà en elle les vibrations de ces instants de folie. Ils accrocheraient leurs âmes au cul du ciel teinté de rouge moiré. Donnant naissance à de nouveaux parfums. Enculant les dieux.
Ce jour-là, les lumières tamisées éclaireront la part sombre de leurs corps déchaînés. Une femme qui ne sera plus vraiment une femme. Un homme qui ne sera plus vraiment un homme. Et une shemale, à la fois homme et femme, femme et homme. Ce jour-là, l’univers aura basculé dans le stupre.
Ils suceront cette queue épaisse. La putain agitera son zob gonflé sous son nez. Il se traînera à genoux, bouche ouverte, la croupe exagérément cambrée, tanguant de désir. Oui, elle fera danser la belle salope qu’il sera devenu. Il suppliera de gourmandise. Elle dégustera ce spectacle unique. En réclamera un peu plus. Quand il engloutira cette bite au gland épais, quand les bruits de succions deviendront ventouses en furie inondant sa fente, alors seulement, elle le baisera. Après avoir préparé son anus aspirateur. Après l’avoir dilaté à blanc. Elle lui enfoncera un gode mouillé de gel. Jouira de ses cris de plaisirs qui exacerberont le sien. A en pisser de joie. A en tuer les dieux de rage animale. A leur cracher à la gueule sa fierté de garce libre. Elle sait aussi qu’il aimera branler cet autre. Et qu’il écartera les cuisses comme une catin offrant son cul soiffard. Glissant d’une position à une autre. Elle se remplira de ces images. Et quand il/elle l’enculera, le mystère s’éclaircira au fond de leurs yeux hallucinés. Leurs regards accrochés pire que des teignes, elle laissera couler un long jet de salive dans sa bouche ouverte et accueillante.
Il existera plusieurs bascules. Une première qui durera plusieurs heures. Le temps d’apprivoiser ces corps nouveaux. Le temps de rougir les peaux. Le temps de rugir des mots.
Une seconde qui se fera sans l’autre. Tous les deux reprendront vie sous une douche transparente et chaude. Les liquides pleureront leur soif. Ils échangeront leur pisse. Se pissant sur les mains. Se pissant sur les lèvres. Se pissant dans la bouche. S’unissant dans un pacte mouillé. S’arrimant loin dans les ports sacrés de l’autre. Le temps de reprendre leurs corps. Le temps de retrouver leur souffle. Le temps de repartir pour un nouveau voyage. Car il sera à nouveau devenu cet amant assoiffé. Le mâle personnifié. L’homme fier et droit dans sa tête. L’homme sauvage qui la dompte à coups de reins profonds et puissants. L’homme sacré qui la viole avec furie sur l’autel du sexe transcendé.
Et elle sourit. Si infiniment femme. Miroir Ô Miroir, trouble-toi encore. Enfonce-moi dans cet ailleurs qui devra rester unique. Fais-moi traverser cette surface pour le rejoindre encore. Miroir Ô Miroir…
Et elle lui dit « Je suis prêt. »
Et là, c’est lui qui sourit.






jan 14th, 2008 at 3:58
On avait dit « pas de sodomie. »
Pfffff….
jan 14th, 2008 at 4:01
Ah mais je n’ai pas écrit ce mot !
jan 15th, 2008 at 3:21
j’ai rêvé de mon zizi sucé tout cru par une femme à barbe… brrr, bougrement moins éclatant que la nature de votre récit chère madame !
jan 15th, 2008 at 3:25
C’est digne d’une fête foraine votre rêve, cher monsieur.
jan 15th, 2008 at 4:23
certes, la grossière créature m’a même traité de phénomène la bouche pleine !!
jan 15th, 2008 at 4:25
Une photo de la scène eut été de rigueur… Seriez pas un peu prétentieux ? sourires
jan 15th, 2008 at 4:39
merci de m’imaginer, chère madame ! par phénomène je pense qu’elle voulait tout bêtement dire de foire, mais je peux me tromper… et l’interprétation des rêves est loin d’être une science exacte
avez-vous déjà entendu parler d’un certain rocco saponara ?
jan 15th, 2008 at 5:07
Non ? Phénomène de foire ? Sacré vous !
Saponara ? Non. Mais j’ai entendu parlé de Siffredi. Tout cela pour rester dans la culotte…
jan 15th, 2008 at 5:13
[kein bedürfnis die deutsche sprache zu kennen hihihi, ahem...->http://www.klabusterbeere.net/archiv/2006/03/01/rocco-saponara/