Un Samedi soir à Beyrouth avec Bernard Lavilliers
Le vent pousse d’un coup les portes du désert (Rafales)… La voix grave et chaloupée de Lavilliers caresse les dunes de sable, le reggae revient. Revisité. Comme réinventé.
En préparant cet album, Bernard Lavilliers avait envie de redonner au reggae ses accents de soul. A l’origine, les musiciens jamaïquains se sont nourris de la soul music pour créer le reggae, métissage de l’évolution du ska et du rocksteady, du mento et du calypso, des musiques africaines (les chants nyabinghi et les burrus) et de l’apport du mouvement rastafari. Il s’est donc tout naturellement adressé à Willie Mitchell, le boss du label Hi Records, le génial arrangeur des albums de Al Green, Ann Peebles, Axel Red et bien d’autres encore. Willie Mitchell lui a créé des arrangements de cuivres et de cordes. C’est ainsi que la sublime Ma belle (Je reviens de si loin J’ai eu peur de te perdre… On est parti ensemble chacun de son côté C’était pour mieux s’entendre et bien se regretter C’était pour se comprendre Savoir qui on était…) et Je te reconnaîtrai sont vraiment les deux titres qui résonnent soul, qui sonnent le Memphis sound.
Et puis, si l’auteur-compositeur signe la majorité des titres, Jehro le magnifique a composé (et co-réalisé avec Georges Baux) la musique de Bosse (Disparus depuis des années Comme un filon dans la faille Comme un manuscrit oublié Ils ont retrouvé le travail Il faut que tu bosses lorsque le jour se lève…) et celle de Distingué.
Solitaire un peu trop fier pour vivre au présent… Il a besoin de tout son talent et plus seul qu’avant… J’aurais mieux fait de me taire… (Solitaire) Non, assurément, Bernard Lavilliers et ses paradoxes poétiques, Bernard Lavilliers et sa mélancolie aventureuse, Bernard Lavilliers et sa femme idéale (Maria Bonita aux relents de mento, aïeul du reggae) nous offre une belle escale dans son monde épicé d’Orient (Samedi soir à Beyrouth où le oud, sorte de luth des pays arabes, en pince pour le blues) et se devait de ne pas se taire.
Avec Samedi soir à Beyrouth, Bernard Lavilliers prouve, encore une fois, que le reggae est une musique universelle (comme l’avait souhaité Bob Marley) qui laisse passer une fouletitude d’émotions fortes et nuancées. Bernard Lavilliers est véritablement un tueur (clin d’œil au dernier morceau de l’album, Killer, qui est un funk cuivré où les riffs sont très loin d’être puants)
Samedi soir à Beyrouth, Bernard Lavilliers, Barclay Universal Music
Au Zénith de Paris les 13, 14 et 15 mars
Site officiel de Bernard Lavilliers













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