Extases plurielles (I)

Sainte Thérèse en extase, Bernini

Texte premier

Depuis toujours elle connaît son visage.

Elle l’a attendu, patiemment.

Comme une lumière cachée qui sort enfin de l’ombre,

Il se tient là, devant elle,

Un sentiment de paix envahit alors tout son être.

Elle est née pour ces instants hors du temps.

Cette certitude qui rejaillit la foudroie :

En son for intérieur, elle l’a toujours su.

Enfant, elle a craint ne pas être à la hauteur,

Pleurant sur sa cruelle solitude.

Jeune adolescente, elle l’a cherché dans d’autres bras,

Errant de corps en corps, se perdant un peu plus jour après jour,

Le réinventant encore et encore, Lui, l’Unique.

Elle a grandi à l’école de la vie, encaissant les coups du sort sans s’avouer vaincue.

Sa route croiserait la sienne. C’était écrit.

La silhouette masculine se dresse face à elle.

Sans le voir nettement, elle ressent sa beauté.

Le chaud, le froid l’assaillent tour à tour.

Son cœur bat la chamade.

Elle en vacille.

Avec des gestes tendres et doux, il l’allonge sur une couche improvisée,

La caressant de sa voix et de ses mots brûlants.

Leurs yeux se boivent sans retenue.

Sans précipitation aucune, sans lenteur étudiée, l’homme dégage une épaule, puis une autre.

Bientôt, elle est entièrement nue,

Totalement impudique, sans en éprouvée de honte.

Leurs peaux se touchent et bientôt ils quittent cette terre.

Depuis la nuit des Temps, ils se connaissent.

Leurs corps retrouvent immédiatement le chemin.

Yeux dans les yeux, lèvres contre lèvres, leurs langues s’effleurent, leurs bras embrassent l’autre, leurs souffles et leurs corps s’unissent reformant le cercle parfait.

Et leurs pupilles s’écarquillent, étonnées, lorsque, après plusieurs heures, l’extase suprême les parcourt de la pointe des pieds à la racine des cheveux, éclatant de mille feux et de mille couleurs, les laissant exsangues.

Et puis l’homme peut voir se former un « O » sur la bouche aux lèvres rougies par l’assaut de ses baisers. Comme un cri silencieux reliant ce monde à celui des Anges. Comme le souffle expiré du clairon de l’Ange.
… Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin…

Cali Rise, le 15 décembre 2006

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Cali Rise

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