par Cali Rise le
13 mars, 2008

Texte second
Un léger frou-frou se fait entendre. Comme une caresse qui vient et qui va à un rythme doucement répété. C’est le friselis des vagues qui affole le sable blond. Ses pieds nus s’enfoncent légèrement dans le sol agréablement chaud. L’air est tiède et parfumé. Il règne ici une plénitude qu’elle n’a pas ressentie depuis des lustres. Ses pas sont ceux d’une promeneuse. En elle aucune hâte. Un léger mouvement sur sa droite lui fait tourner la tête. Un homme se tient là, semblant l’attendre près d’un pilier, et lui tend la main, la paume ouverte.
En s’approchant, elle remarque sa haute taille. Mais ce sont surtout ses yeux qu’elle voit. Profonds comme un lac de montagne en hiver, ils pénètrent jusqu’au tréfonds de son être. Pourtant, aucun tressaillement ne vient répandre le poison de la peur en elle. En toute confiance, sa main rejoint celle de l’homme. Elle s’abandonne. Légère.
L’herbe lui chatouille les doigts de pieds. Si elle regarde au sol, le sable, maintenant rosé, est toujours là. Mais de l’herbe lui chatouille la plante des pieds. De l’herbe rase et soyeuse, aussi policée que celle d’un green. Le chant d’une lyre arrête le temps. Tout est suspendu. Clara vacille quelque peu, enivrée par tous ses sens en effervescence. Quelle est cette odeur déjà ? Elle reconnaît cette fragrance sans pouvoir se rappeler son nom. Et toujours ils cheminent. Sans bouger.
Des murs apparaissent derrière des arbres fruitiers. Des pommiers ? Ou serait-ce plutôt des oranges d’or qui alourdissent leurs branches taillées en espalier ? Aucun son ne sort d’entres ses lèvres néanmoins, la jeune femme l’entend parler. Ses mots l’enchantent. La rassurent. L’enlacent. L’embrassent plus sûrement qu’un baiser. Une silhouette masculine se dessine au loin. Le sable est devenu blanc. Elle le sait sans même le regarder. Ses pieds foulent des fleurs odorantes, en excitant les effluves. Des fleurs venues d’un jardin oublié, sans nul doute. Il faut courir. Elle a envie de courir. Cet homme au loin…
Pourquoi ne se retourne-t-il pas ? Son compagnon n’est aucunement pressé. Lui lâchant la main un instant, il se relève souriant avec un serpent dans chaque main. La respiration de Clara s’accélère. Ecoute-moi, entend-elle. Tu n’as aucune crainte à avoir. Un violent désir la submerge au moment où l’inconnu commence à se tourner vers elle. Elle a tellement envie de voir son visage… Tellement ! Mais elle sait. NON ! NON ! Ne te retourne pas ! Ne te retourne pas, je viens à toi… Son cœur bat la chamade. Ne bouge pas, je viens… Je viens… Je viens… « Is it getting better Or do you feel the same Will it make it easier on you Now you got someone to blame You say One love One life When it’s one need” Bono… Clara ouvre les yeux.
Cali Rise, le 12 décembre 2006
Categories: Californication, D’images et de mots
Tags: amour, baiser, blanc, Bono, chat, coeur, désir, dieu, eden, Ernesto Timor, extase, fragrance, main, ombre, Paradis, sable, serpent
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