Alister, Aucun mal ne vous sera fait
Quand Alister a quelque chose à dire, cela donne des épisodes de « Un gars, une fille », « La minute blonde », un recueil de nouvelles « Playlist » (publié chez Antidata sous son vrai nom, Christophe Ernault). Quand Alister retouche à un instrument, il compose déjà pour Adrienne Pauly (« Pourquoi », « La fille au Prisunic » et « J’veux un mec ») et puis un jour, il improvise Qu’est-ce qu’on va faire de toi ?. Quinze après avoir écrit ses première chansons, Alister fait son come-back pour notre plus grand plaisir.
Alister, mais qu’est-ce qu’on va faire de lui ? C’est simple, vous glissez la galette dans un lecteur, vous réglez le volume comme vous l’entendez et vous l’écoutez en boucle.
Quoi les « J’veux qu’on m’aime et qu’on me touche à Miami M’envelopper dans du tue-mouche à Miami… On fumera des pamplemousses…» (Miami) vous pose problème ? Laissez-vous entraîner dans le monde captivant d’Alister. A parcours unique, auteur-compositeur unique. De l’Amérique, il ne retient qu’Alex Chilton, Randy Newman et surtout Lou Reed : « Ce qui me fascine chez eux, ce sont les chansons sublimes harmoniquement avec des textes ambigus, instables ». Et si le phénomène Alister était plus complexe que certaines de ses chansons voudraient le laisser croire ?
Fille à problème a des odeurs de Dutronc qui aurait croisé les Beach Boys, Bordel pose un regard ironique sur ce monde qui ne tourne pas rond « Mais qu’est-ce que c’est qu’ce pays de branleurs ?… Est-ce que je vous ai parlé de la Chine ? ». Alister envoie des évidences assassines comme lorsqu’il raconte la rupture « Je n’suis pas vraiment d’humeur à te voir Je n’sais pas ce que tu viens chercher Ma tête dans l’PVC Ne fais pas attention au désordre Ne croise pas les jambes comme ça Quand je touche le fond tu es toujours en forme Y en aura d’autres, c’est pas grave Rien n’est grave » (Désordre) ou encore « Est-ce ces grands écarts ? Est-ce ces yeux à dédales ? Est-ce ces longs longs regards ? Est-ce ce sourire immobile ? Est-ce ces gestes élégants ? Est-ce ce charme inflexible ? » (Quelque chose dans mon verre)
Seul derrière son piano, Alister chante les rencontres sans lendemain « Tout le monde se ressemble Moi je ne ressemble à rien A 7 heures du matin Et les moments d’égarements Confettis effervescents A 7 heures du matin Chez moi ou chez toi L’endroit ne compte vraiment pas Enfin peut-être si c’est loin Les gens qu’on rencontre à cette heure Sont ceux qu’on quitte et puis après Ça fait rien» (7 heures du matin) et ça sonne juste.
Aucun mal ne vous sera fait est un album d’une élégance rare à laquelle s’ajoute le noir d’un Daniel Darc, d’un Bashung ou d’un Gainsbourg. Le producteur anglo-saxon Baxter Dury (fils de Ian, le chanteur de Sex & Drugs & Rock’n’roll) et Craig Silvey (Portishead, The Magic Numbers) ne s’y sont pas trompés.
Aucun mal ne vous sera fait, ce sont des ballades cyniques et des refrains pop très loin du parisianisme de salon qui règne dans la chanson française actuelle. Qu’on se le dise.
Aucun mal ne vous sera fait, Alister, Barclay Universal Music
Myspace Alister
En concert le 14 mai à la Maroquinerie à Paris















avr 30th, 2008 at 8:26
Question de goûts.
A bientôt !