ASA met le feu à l’Autre Canal
Samedi 12 avril. La grande salle de L’Autre Canal se remplit. La foule est éclectique : du bobo au baba cool avec dread locks, de la trentenaire BCBG à la gamine de 10 ans. ASA est annoncée à 20h 30, les minutes défilent et la belle n’est toujours pas là ! L’impatience est palpable.
Le matos sur scène semble vraiment succinct. Malgré le succès rencontré depuis son album, ASA n’aurait pas plus de moyens à sa disposition ? Pas le temps de se poser plus de questions, 3 personnes arrivent sur scènes : deux musiciens et une chanteuse enroulée dans un tissu jaune, les cheveux recouverts d’une coiffe africaine. La plupart des spectateurs se regardent, étonnés. Un « c’est qui ? » glisse de bouche en oreilles. « Sûr, ce n’est pas ASA. ASA est plutôt garçon manqué. Elle est plus petite aussi. Je le sais, je l’ai vue à Taratata en duo avec Yael Naïm » Plusieurs chansons passent et la jeune femme finit par se présenter en retenant sa robe. « Nous avons voulu faire style mais nous n’avons pas de grands moyens. La preuve, je vais devoir terminer en tenant le tissu d’une main et en jouant de la guitare de l’autre. Même pas une épingle à nourrice ! Je n’ai pas l’air comme cela mais je suis Vosgienne. Une Peul. Sûrement la seule Peul des Vosges d’ailleurs ! Certains ne me croivent pas mais c’est vrai pourtant ! » Croivent ? Là, sûr, Aïssate, on te croit ! Tu es Vosgienne, aucun doute ! Chanteuse engagée (ses titres aux influences métissées chantés en peul et en français appellent au réveil des consciences, s’insurgent contre toutes les inégalités et prônent la tolérance), la jeune femme d’origine mauritanienne ne manque décidément pas d’humour. Elle ira jusqu’à plaisanter sur son temps de scène limité parce qu’une certaine ASA attend dans les coulisses pour chanter. Son dernier titre, “Couleur chocolat”, récoltera un vif succès. Elle reviendra saluer après avoir réajuster sa robe improvisée, au grand dam des spectateurs masculins qui lui criaient de la laisse tomber !
Aussitôt, des techniciens accourent et changent le plateau en moins de temps qu’il n’en faut pour siffler une bière ou à ce videur pour reluquer le derrière des filles avec sa lampe-torche.
Enfin ASA et ses musiciens arrivent sous les applaudissements du public ! J’assiste à un réel changement dans la salle. Aucun doute, ils sont tous venus pour ASA. Dès qu’elle parle, tout le monde écoute. Pourtant, son débit est rapide et elle s’exprime en anglais même si elle comprend très le français. La jeune Nigérienne est bavarde et taquine, elle blague et met très vite le public dans sa poche. On rit, on lui répond, on plaisante avec elle. Plus tard, elle fera monter un inconnu sur scène avant de le reconnaître pour l’avoir déjà vu à ses concerts précédents. L’homme chantera alors qu’elle l’accompagnera à la guitare. Pendant plusieurs titres, ASA restera seule avec son instrument, offrant une version intimiste de son talent. Tout le monde est subjugué.
360°, Fire on the Mountain, Jailer, No One Knows, Bi’Ban Ké, Awe, Peace, quels que soient ses titres, ils enchantent. Beaucoup de spectateurs dansent au rythme de sa soul pop. ASA possède vraiment une voix exceptionnelle et une énergie débordante. A la fin de son show, elle est encore capable de danser pendant de longues minutes sur le rythme de la batterie. Incroyable !
Quand l’artiste commence à remercier en chantant “So Beautiful”, ses musiciens (Nicolas son guitariste, Jeff son batteur et Stéphane son bassiste), sa choriste Janet et le public de Nancy, chacun comprend que le show arrive à sa fin. La salle chauffée à blanc refuse que ce soit déjà fini. On crie, on frappe des mains, on scande des hystériques « ASA ! ASA ! ASA ! »
A son rappel, elle chantera Aretha Franklin et “Natural Mystic” de Bob Marley pour terminer par un medley de ses deux tubes, “Fire on the Mountain” et “Jailer”.
Samedi soir, ASA a véritablement mis le feu à l’Autre Canal.
Asa, ASA, Naïve










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