Keith Haring au musée contemporain de Lyon
« Ma contribution au monde est ma capacité à dessiner » a dit un jour Keith Haring, artiste inspiré par le graffiti et le Bad Painting et mort du sida à 31 ans en 1990.
Combien de fois Keith Haring s’est-il fait arrêter par les flics dans le métro de New York alors qu’il dessinait à la craie blanche sur les panneaux publicitaires noirs ? Peut être que le photographe qui le suivait en permanence le sait ? Peut-être pas. Par contre, le monde entier connaît ses silhouettes aux gros traits noirs de bébés à quatre pattes, de chiens à tête d’Anubis, de soucoupes volantes, de téléviseurs, d’ordinateurs, de femmes enceintes, de Mickey Mouse, de serpents. Le monde entier, car ce que Keith voulait par-dessus tout, c’était démocratiser l’art. Il refusait que seule une élite y ait accès. Ainsi, des couloirs du métro, le peintre a gagné bien vite l’air libre et les murs et les palissades des villes, laissant même 1000 enfants participer à son œuvre d’un kilomètre de long (Liberty Banner, 1986). Keith Haring investit un conteneur à Tokyo pour créer son premier Pop Shop. Là, dans cette boutique d’un nouveau genre critiquée par les milieux artistiques de l’époque, il vendait ses œuvres au détail. La totalité des bénéfices de ces ventes était reversée à des associations caritatives.
Keith Haring, Untitled, 1982, Enamel and dayglo on metal (Email et dayglo sur métal), 182.88 x 3.28 x 228.6 cm
© Estate of Keith Haring, New York
Bien qu’une grosse partie de son œuvre contienne des scènes sexuelles fortes où la mort est omniprésente tout comme la guerre ou la drogue, ses dessins situés sur les murs intérieurs des hôpitaux d’enfants sont plus gais et enjoués et ne contiennent aucune scène scabreuse.
Slide Keith Haring de ouvretesyeux, le site de l’art d’aujourd’hui d’Anne Kerner et Christine Barbe.
Cette année, Keith Haring aurait eu 50 ans. Le musée d’art contemporain de Lyon présente jusqu’au 29 juin 2008 l’une des plus importantes expositions jamais organisées en France en hommage à l’artiste. Sur trois étages, le commissaire italien, Giani Mercurio, a réussi à réunir des collections américaines et européennes, publiques et privées. N’hésitez surtout pas à vous y rendre, vous y découvrirez la richesse de l’univers de cet homme aux lunettes rondes façon années 80 et au regard halluciné ! Keith Haring doit être l’artiste du XXième siècle qui a réalisé le plus de fresques et cela en un temps record : on lui offrait deux murs à peindre, une heure et demie plus tard, il venait en réclamer un autre et encore un autre. Keith peignait sur des bâches, sur des voitures, sur des réverbères, sur des corps (Grace Jones) pratiquement sur tout support, c’était un hyperactif de la peinture.
Keith Haring, San Sebastian, 1984, Acrylic on canvas (Muslin) (Acrylique sur toile mousseline), 154 x 152.4 cm, © Estate of Keith Haring, New York
Visiter l’exposition consacrée à Keith Haring, c’est se prendre de plein fouet, en pleine tête et en plein cœur, sa vision apocalyptique du monde d’aujourd’hui (le sida, la drogue, le pouvoir de l’argent) mêlée aux cultures africaine, sud-américaine et asiatique. L’exposition est un véritable foisonnement de fresques colorées. C’est simplement grandiose.
La visite se termine par la dernière toile murale qu’il ait peinte à Pise quelques mois avant sa mort (Tuttomondo).
Pour les Parisiens intéressés, sachez qu’il a réalisé la fresque qui se situe à l’hôpital Necker.
Musée d’art contemporain
Cité Internationale
81 quai Charles de Gaulle
69006 Lyon
France
Site du musée contemporain de Lyon










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